‹ Études d’hygiène publiqueChapitre 11 sur 19 · L:V CONTAGIOSITÉ DE TUBERCULOSE PUI.MONAIHK G · texte numérisé non relu

L:V CONTAGIOSITÉ DE TUBERCULOSE PUI.MONAIHK G

jusqu'à la fin de novembre. A cette époque elle fut prise d'une fièvre intense, qui dura plusieurs jours et fut suivie d'une paralysie du membre inférieur droit.

Lorsqu'on nous amenal'enfant pour sa paralysie, elle ne présentait, à part cette affection, absolument aucun phénomène morbide ou suspect ; c'était même une enfant superbe, rose, fraîche, d'un embonpoint satisfaisant. Le traitement consista dans l'emploi des courants continus et l'administration de gouttes de noix vomique. Pendant deux mois au moins, elle dut garder le lit. Puis les mouvements revenant peu à peu dans la partie paralysée, elle put se lever et marcher, mais non sans peine, en s'appuyant d'abord sur son lit, ensuite sur celui de ses voisines. Ce ne fut qu'après trois ou quatre semaines qu'il lui fut possible de s'aventurer dans la salle. Détail à noter : elle avait été placée, lors de son admission, tout près d'une enfant de 8 ans et demi, atteinte d'une phtisie au troisième degré et qui succomba au bout de quinze jours. Le hasard fit que le même lit fut successivement occupé par deux autres poitrinaires avancées, à peu près de cet âge, dont l'une mourut après un mois de séjour, et dont l'autre vient.de succomber à son tour. L'expectoration avait été assez abondante chez ces trois malades.

C'était donc là un triste voisinage. J'avoue que d'abord nous n'y avons pas accordé grande attention. Mais à partir des derniers jours de mars, nous vîmes la petite fille à la paralysie infantile perdre sa gaieté, pâlir, refuser les aliments et maigrir peu à peu. Puis elle fut prise d'une petite toux se répétant assez souvent, et non accompagnée d'expectoration. Presque chaque nuit elle avait d'abondantes sueurs.

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Actuellement Texamen de la poitrine permet de constater un certain degré de matité, ainsi qu'une expiration prolongée et soufflante au niveau de la fosse sus-épineuse gauche et de la région claviculaire droite. Ici encore nous sommes donc en présence des signes non équivoques d'une phtisie pulmonaire.

Bien que notre petite malade ait eu, un an auparavant, la rougeole et la coqueluche, affection prédisposant, comme on le sait, à la phtisie pulmonaire, on ne peut, il me semble, invoquer leur iniiuence pour expliquer dans ce cas le développement des tubercules. En effet, l'enfant s'était rétablie complètement, et, pendant l'année qui suivit, sa santé n'avait rien laissé à désirer.

Dans ces deux faits, le voisinage prolongé de malades parvenus à une période avancée de la phtisie, la respiration d'un air contaminé par les sécrétions bronchiques expectorées ou non, ont été, suivant toute vraisemblance, la cause réelle de la tuberculisation. Notons que les tout jeunes enfants qui n'expectorent pas ou avalent leurs crachats accumulent l'agent infectieux dans l'économie et ressentent ordinairement ses effets plus vite et plus gravement que l'adulte.

Les cas semblables à ceux que je viens de rapporter sont plus fréquents qu'on ne le croit, aussi bien dans les familles qu'à l'hôpital. Seulement ils passent souvent inaperçus, l'attention n'étant pas suffisamment éveillée sur eux. Quel est le médecin déjà avancé dans sa carrière qui n'a vu plusieurs enfants d'une même famille succomber à la phtisie, alors qu'un frère ou une sœur, le père ou la la mère, étaient morts eux-mêmes de cette redoutable affection. Je n'ignore pas qu'on peut dire que ces enfants,

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