DU CONTAGE DES OREILLONS W
La contagiosité des oreillons ne peut plus être niée aujourd'hui : des faits rigoureusement observés l'ont mise hors de toute contestation.
Ce point important une fois établi, on fut naturellement conduit à rechercher quel est l'agent de la contagion. MM. Capitan et Charrin tentèrent les premiers de résoudre ce problème, et dans deux communications faites en 1881 à la Société de biologie, ils exposèrent les résultats de leurs recherches sur 13 malades (2). Chez tous ces malades ils constatèrent que la salive et le sang contenaient des micro-organismes de formes toujours identiques, à savoir : de courts bâtonnets longs de 2 à 3 millièmes de millimètre et des microcoques dont ils n'indiquèrent pas les dimensions. Les microcoques aussi bien que les bâtonnets étaient animés de mouvements. L'urine, dans 12 cas, ne renfermait pas de micro-organismes. La culture des microbes dans le bouillon de Lie-
(1) Coinraunication faite à l'Académie de médecine dans la séance du 23 juin 1885.
(2) Comptes reruhis des séances delà Société de hiologic, 1881, t. XXXIII, p. 192 et 358,
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big réussit parfaitement, mais l'inoculation aux animaux échoua toujours.
Deux ans plus tard, un interne des hôpitaux de Paris, M. Karth, rapporta dans sa dissertation inaugurale (1) l'observation d'un malade atteint d'une forme grave d'oreillons, et dont la salive, le sang et les urines furent examinés par le professeur Charles Bouchard. La salive et les urines seules contenaient des microbes.
Tel était l'état de nos connaissances sur cette question, lorsque tout récemment il m'a été possible d'examiner, à mon tour, chez trois enfants affectés d'oreillons, les mêmes liquides de l'organisme. C'est le résultat de mes recherches que j'ai l'honneur de soumettre à l'Académie.
Le premier fait a été observé en ville chez un jeune garçon de 11 ans, élève d'une pension de Paris où s'étaient déjà développés deux cas d'oreillons. J'avais soigné cet enfant pour une rougeole au milieu du mois de mars, et il était retourné à la pension le 16 avril.
Le 5 mai suivant, c'est-à-dire vingt jours après sa rentrée, il fut pris dans la soirée d'une forte courbature et le lendemain matin, on s'aperçut qu'il avait la région parotidienne gauche augmentée de volume. Je fus appelé dans la journée et je constatai que ce gonflement s'était étendu à la région sous-maxillaire. A ce moment il n'existait pas de tuméfaction des ganglions sous et rétro-maxillaires ; les dents et le périoste dentaire n'étaient le siège d'aucune douleur.
Le 7, le gonflement s'est accru et la mastication est gênée. A l'angle de la mâchoire, je sens deux ganglions
(1) Mude sur une forme gro/ve d'oreiillon-s. 'P&ns, 1883.
tuméfiés, mais peu douloureux. Le pouls est à 100 pulsations et la température axillaire à 38°,5. L'inspection de la bouche et de la gorge ne révèle ni rougeur ni gonflement.
Le 11, la région parotidienne droite commence à se prendre; la gauche, au contraire, a diminué de volume;
Le 12, la tuméfaction a cessé à gauche, tandis qu'à droite elle s'est propagée jusqu'à la région de la glande sous-maxillaire ; de plus, on constate, à l'angle correspondant du maxillaire, un engorgement ganglionnaire semblable à celui du côté opposé.
L'appétit reste bon, le sommeil est calme. Pouls à 90° ; temp.à38°,8.
Le 15, le gonflement persiste encore à droite.
Il ne survint aucun incident les jours suivants et, le 20, toute trace de gonflement avait disparu.
Chez cet enfant, mon examen n'a porté que sur la salive et les urines et il n'a été fait qu'après un laps de quelques heures. Je dois déclarer en outre que je n'ai pu m' entourer de toutes les précautions antiseptiques généralement recommandées en pareil cas. Mais par contre, comme moyen de contrôle, j'ai soumis parallèlement à un même examen et dans les mêmes conditions, la salive et l'urine de deux enfants démon service d'hôpital qui n'étaient pas atteints d'oreillons.
Voici d'abord ce que j'ai observé en ce qui concerne le petit malade de la ville à un premier examen fait le 13 mai (7 jours après le début des oreillons) :
1° Salive. A l'examen microscopique, on constate un grand nombre de cellules d'épithélium dégénérées, des corpuscules lymphatiques, des bâtonnets, des bactéries très courtes et des microcoques. Ces microcoques appa-
raissent isolés ou réunis deux à deux, ou bien sous forme de chaînettes de 4 éléments ou de zooglœes. Ils ont à peu py^g O'nn'jOOOB de diamètre. Quant aux bâtonnets, ils sont identiques, comme dimensions, à ceux qui ont été décrits par MM. Capitan et Charrin(0'"'",Olil à 0'"",003), mais ne sont pas animés de mouvements spontanés.
En second lieu, une mince couche de salive est étalée sur une lamelle de verre et desséchée. Elle est plongée ensuite pendant douze heures dans le violet de gentiane, puis lavée à l'alcool jusqu'à ce qu'elle ait perdu toute coloration. On l'examine enfin, après avoir éclairci la préparation avec le baume de Canada, et l'on constate que les cellules épithéliales restent décolorées, tandis que leurs noyaux se colorent notablement ainsi que les bâtonnets et les bactéries. En ce qui concerne les zooglœes, quelques-unes seulement prennent une coloration bleu violet très nette ; les autres restent incolores, de même que les diplocoques et les microcoques isolés.
2° Urine. Elle est colorée, limpide, à réaction neutre, elle ne renferme pas trace d'albumine et ne donne aucun dépôt. L'examen microscopique y révèle la présence d'un grand nombre de microcoques de la même grosseur que ceux de la salive. On ne découvre qu'un très petit nombre de microcoques isolés ; presque tous forment des amas ou sont réunis deux à deux (diplocoquesl. Ces derniers sont animés d'un mouvement assez vif qui cesse dès qu'on ajoute une goutte d'acide nitrique au bord de la lamelle recouvrant la préparation.
Outre les microcoques, nous avons trouvé des bâtonnets et de très courtes bactéries ayant les mêmes dimensions que ceux de la salive, mais moins nombreux.
Ajoutons enfin qu'il n'y avcait dans l'urine ni cristaux, ni globules rouges ou blancs du sang. On n'apercevait que de rares débris de cellules épithéliales.
Chez les deux enfants de mon service, les résultats furent différents des précédents. On ne trouva dans la salive aucun bâtonnet. Elle contenait, il est vrai, un certain nombre de microcoques, mais c'est là un fait à peu près constant, comme on sait, dans la salive normale. Toutes les zooglœes se colorèrent facilement par le violet de gentiane. Chez notre premier malade, nous avons vu, au contraire, qu'une semblable coloration n'avait été observée que sur quelques zooglœes.
L'examen des urines ne fut pas moins significatif. Elles ne présentèrent ni bâtonnets ni microcoques.
Ces deux séries d'expériences parallèles montrent qu'il existe quelque chose de spécifique dans les oreillons. Ce fait ressort plus nettement encore des recherches que je viens d'avoir l'occasion de faire sur deux jeunes garçons atteints d'oreillons qui se sont présentés le même jour à la consultation de l'hôpital des Enfants-Malades.
Le premier de ces enfants, âgé de 10 ans 1/2, de bonne santé habituelle, demeurait dans une maison où il y avait beaucoup d'enfants, et l'un d'eux, nous a-t-on dit, avait eu les oreillons quelque temps auparavant.
Le l'^'"juin, ce jeune garçon fut pris d'un gonflement de la région parotidienne gauche, et c'est deux jours après qu'il vint nous consulter. Nous constatâmes qu'il n'avait pas de fièvre. Il accusait seulement une sensation de picotement dans les deux régions parotidiennes. Depuis la veille le côté gauche avait été envahi. La pression occasionnait une certaine douleur, plus accusée
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à droite qu'à gauche. Le gonflement persista sans changement notable jusqu'au 9 juin. Mais, à partir de ce moment, il alla en diminuant, et, le 13, il avait presque complètement disparu. Il n'y eut pas d'engorgement ganglionnaire.
Le second enfant, âgé de 13 ans 1/2, jouissait également d'une bonne santé lorsque, le 2 juin, il s'aperçut que sa joue droite était un peu gonflée. Il y sentait par moments des picotements et c'est ce qui l'avait porté à se regarder dans une glace.
Le 3 juin, jour où il vint nous voir, nous avons constaté chez lui un gonflement de la région parotidienne droite sans lésion locale qui pût l'expliquer.
La muqueuse buccale n'était point injectée ; les amygdales étaient augmentées de volume, mais il s'agissait là, au dire du malade, d'une lésion ancienne. Aucun engorgement ganglionnaire sous-maxillaire. Pouls à 90. T. 37°, 4.
Le 8 juin, le côté gauche fut envahi, et le lendemain nous reconnûmes la présence d'un léger engorgement ganglionnaire à chaque angle de la mâchoire. Le 13, le gonflement avait disparu à gauche ; c'est à peine si on l'apercevait à droite.
Chez ces deux malades, l'examen de la salive, du sang et des urines fut fait trois fois, en prenant les précautions d'usage (flambage des instruments, etc.).
Aux deux premiers examens, les 4 et 9 juin, nous avons constaté dans les trois liquides de l organisme, mais en moins grand nombre que chez notre malade de la ville, des microcoques, des diplocoques et des bactéries très courtes, animés de mouvements propres. Dans la salive nous avons trouvé, en outre, des zooglœes tout à fait
semblables à celles de notre premier cas . Un dernier examen fut fait le 13.
Chez l'enfant de 10 ans, on trouva dans la salive les mêmes éléments que précédemment, mais dans une moindre proportion. Le sang et les urines ne contenaient plus de microcoques ni de bactéries.
Chez l'enfant de 13 ans, on constata aussi la présence des mêmes éléments que dans les examens précédents, mais en quantité moindre. Le sang présentait encore quelques rares bactéries et microcoques, mais il fut impossible d'en découvrir aucun dans les urines, malgré 5 ou 6 observations (1).
La planche hors teste qui accompagne ce volume est la reproduction des meilleures préparations faites avec la salive, le sang et les urines de nos trois malades. Je ne saurais trop remercier M. Zinovieff, externe de mon service, qui a bien voulu se charger d'exécuter le dessin et m'a secondé dans les nombreux examens qu'a exigés ce travail.
En résumé, nous avons trouvé dans la salive et le sang de deux enfants atteints d'oreillons les micro-organismes signalés par MM. Capitan et Charrin, à savoir des microcoques et des bâtonnets de dimensions déterminées et toujours identiques.
De plus que ces observateurs distingués nous avons, chez nos trois malades, retrouvé dans l'urine les mêmes micro-organismes. Ce dernier résultat n'a rien qui doive
(1) Un quatrième examen, fait le 24 juin, a permis de constater la disparition complète des bâtonnets et des microcoques dans le sang des deux malades, qui, depuis dix jours ne présentaient plus de gonflement parotidien,
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surprendre, puisque le sang contenait de ces microorganismes.
Sans doute, il manque à ces recherches la sanction de la preuve expérimentale: la culture des microbes et la reproduction chez l'animal de la tuméfaction de la région parotidienne à la suite de l'injection des produits de culture. Des essais ont été tentés sans succès par MM. Capitan et Charrin. Mais, ainsi que le fait justement remar- « quer le D'' Karth, « on ne connaît pas d'animal suscep- « tible d'avoir spontanément une affection analogue aux « oreillons. Il n'est donc pas étonnant qu'on n'ait pas « encore trouvé moyen de les provoquer chez eux artifice ciellement. Peut-être trouvera-t-on un jour une espèce « animale capable de contracter les oreillons par voie « d'inoculation » (I).
Quoi qu'il en soit, le fait de l'existence très probable, sinon çertaine, d'un agent infectieux dans l'affection ourlienne, doit modifier profondément nos idées sur la nature de cette affection à propos de laquelle on a tant discuté depuis des siècles.
Au lieu de voir dans les oreillons l'effet d'un simple refroidissement, une manifestation de la diathèse rhumatismale ou encore la propagation d'une phlegmasie de la -bouche, etc., n'est-il pas plus conforme à l'observation de les considérer comme une maladie infectieuse engendrée par un agent spécifique, et pouvant se propager par la diffusion de cet agent ?
Il y a déjcà longtemps que des observateurs éminents, s'appuyant sur les analogies cliniques (contagiosité, na-
(1) Thèse citée, p. 83.
ture épidémique et immunité ultérieure), avaient assimilé les oreillons aux maladies infectieuses et en particulier aux fièvres éruptives, mais cette assimilation avait été faite pour ainsi dire d'intuition.
Aujourd'hui la réalité des faits a succédé à l'hypothèse, et, malgré des lacunes que je suis le premier à reconnaître, il me semble qu'il est permis, sans être accusé de témérité, de concevoir une pathogénie nouvelle de l'affection ourlienne.
Le contage, quelle que soit son origine, ne peut guère s'introduire dans l'économie que par les deux voies suivantes :
Ou bien, comme dans la plupart des maladies infectieuses, il pénètre dans le sang par les voies aériennes (lymphatiques ou vaisseaux sanguins) et de là est porté dans tout l'organisme, — et dans ce cas le gonflement parotidien ou périparotidien ne serait qu'une localisation de la maladie générale, au même titre que, par exemple, dans la fièvre typhoïde, les follicules lymphatiques et les plaques de Peyer ; — ou bien il arrive aux glandes salivaires par leurs canaux excréteurs, les envahit, y pullule et produit d'abord une affection locale, laquelle devient à son tour le point de départ d'une infection générale.
Dans l'une et l'autre hypothèse on comprend facilement l'existence d'une période d'incubation qui pourra varier suivant le nombre des microbes ou la résistance du sujet.
Deux de nos petits malades ont présenté une particularité, déjà signalée par plusieurs observateurs, particularité qui plaide en faveur de la seconde hypothèse, c'est
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l'adénopathie sous-maxillaire consécutive au gonflement de la région parotidienne, et qui est probablement due à la pénétration des microbes dans le système lymphatique.
La théorie infectieuse des oreillons permet, il me semble, d'expliquer bien des symptômes dont il était autrefois impossible de saisir le mode de production.
Tout d'abord, il est clair que si cette théorie est vraie, l'intensité des symptômes doit varier avec le plus ou moins grand nombre de micro-organismes qui se sont développés dans l'économie et avec leur action nocive plus ou moins grande. L'influence de ces deux facteurs nous explique en outre comment certains symptômes (pris autrefois pour des complications) peuvent se développer dans un cas et non dans un autre. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, rappelons ce qu'on a dit au sujet de l'inflammation des testicules, des ovaires ou des mamelles. On a d'abord cherché à expliquer la production de ces prétendues complications par une métastase, c'est-à-dire le transport du poison non totalement détruit dans la parotide, sur les organes que je viens de citer. Plus tard on a invoqué une sorte de sympathie entre la parotide et ces mêmes organes. Cette sympathie ou, pour parler un langage plus scientifique, cette solidarité, existe réellement : elle est démontrée par la physiologie et la clinique. Par la physiologie : qui ne sait que la salivation et la sécrétion du sperme peuvent augmenter sous rinfluence des mêmes excitations ? Par la clinique : n'est-il pas démontré que la grossesse, la menstruation ou l'âge critique provoquent quelquefois une hypersécrétion salivaire ? Mais une telle solidarité ne
suffit pas pour expliquer la participation des testicules, des ovaires ou des mamelles au processus morbide. Il y a une autre cause. Si ces organes sont atteints, cela tient probablement à la proportion des microbes et à l'intensité de leur action nocive. En somme, il nefaut voir da-ns leur participation au processus ourlien qu'une nouvelle manifestation de la maladie générale ou, si l'on préfère, une localisation secondaire.
A l'appui de ce que j'avance, je rappellerai un fait constaté par tous les cliniciens, c'est que l'orchite et la mammite ourlienne ne s'observent pas, pour ainsi dire, chez les enfants. Cette espèce d'immunité n'a rien qui doive nous surprendre : les testicules, les mamelles n'ont pas acquis encore leur développement ; par conséquent il s'agit, suivant toute probabilité, d'une simple affaire d'irrigation sanguine. Il arrive moins de sang à ces organes, moins de microbes aussi, d'où leur moindre réaction.
L'albuminurie qui s'observe quelquefois dans l'affection ourlienne s'explique facilement par la théorie parasitaire. L'élimination des micro-organismes contenus dans le sang se fait par l'urine, puisqu'on les y a retrouvés. Si cette élimination est trop considérable, elle peut avoir pour conséquence une inflammation des reins ou la production d'infarctus dans ces organes et partant, donner naissance aune albuminurie.
Il serait possible, ce me semble, de donner une interprétation rationnelle de la plupart des symptômes ou des prétendues complications des oreillons. Mais je craindrais d'abuser de la patience de l'Académie en insistant sur ce point de pathogénie, et je me hâte de revenir à l'objet
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principal de cette communication, le caractère contagieux des oreillons.
Ce caractère, qui n'existerait pas lui-même sans la présence d'un agent spécifique diffusible et transmissible, nous a déjà expliqué la possibilité des localisations multiples chez le même individa ; il nous expliquera également le mode de propagation habituelle des épidémies.
Lorsque les anciennes théories relatives à l'action du froid, du froid humide surtout, étaient seules admises, il restait un point assez obscur pour qu'on ne pût, malgré toutes les subtilités hypothétiques auxquelles on avaitrecours, l'éclairer d'une façon satisfaisante pour tout le monde.
Les épidémies d'oreillons se développent par propagation successive, presque jamais on ne voit tous les sujets habitant un même milieu simultanément atteints ; pourtant tous sont exposés aux mêmes causes externes, tous ressentent aux mêmes heures l'impression du froid humide. La raison véritable de cette anomalie c'est qu'on n'aurait jamais d'épidémies si des causes thermiques et atmosphériques étaient seules en jeu ; ce sont de simples circonstances adjuvantes. La cause vraie et unique, c'est l'arrivée, dans un milieu sain, d'un individu atteint d'oreillons qui transmet son affection à ses voisins; de telle sorte que, comme, dans toutes les maladies contagieuses, la propagation est régulière et successive. Quelle conséquence doit-on tirer au point de vue de l'hygiène ? Une seule, celle que le bon sens et l'expérience indiquent : il faut diminuer le danger de la contagion, et par conséquent isoler. On a dit à cela que les complications étant moins fréquentes dans l'enfance qu'à
DE LA GONTAGIOSITli ET DU CONTAGE DES OREILLONS 83
un autre âge de la vie, il était préférable de laisser les épidémies d'oreillons se développer à leur aise chez les enfants, de ne prendre, pour les combattre, aucune mesure prophylactique. Ce serait un mode particulier de , vaccination qu'on pourrait appeler la vaccination contemplative. Nous ne verrions point d'objections s'il était possible de prévoir à l'avance, quand un foyer est créé, à quels individus se limitera exactement l'épidémie. Puis, comment prouver que ces enfants qu'on a laissés exposés de gaieté de cœur à la contagion auraient dû être fatalement touchés aune époque ou à une autre de l'âge adulte.
Les oreillons sont toujours une maladie, sinon grave^ du moins ennuyeuse, causant une perte de temps et suivie souvent d'accidents anémiques plus ou moins sérieux. On dit bien que, si au lieu d'être touchés à six ans, les sujets le sont à vingt ans, ils perdront parfois autre chose que du temps. Est-il donc indispensable qu'ils soient touchés ?
Les oreillons sont, quoi qu'on en dise, un accident, un épisode morbide de la vie. Le rôle du médecin est d'employer pour les prévenir tous les moyens dont il dispose.
Continuons donc à isoler nos petits malades, non pas seulement tant que la fluxion parotidienne persiste, mais encore après elle; car l'urine et la salive contiennent des éléments spécifiques pendant un certain temps après la disparition des symptômes morbides.
Contagiosité et Contage
DES OK,ElLLONS
par le A.Ollivier
lja,a- Cellules épithéliales i>^Bâtoiinets cc- Bacténes très courtes fl',(/ Microcnccns &Zooglœes
1) Salive 1:500
- a.a-GIoiules rouges
# c. ^ '^^J ^ c.c Micrococciis ^ * I -Bactérie s
2) Sang 1:500
'''^ , "o ^ <37a,a I)éiris de Cellules
" ^ Bâtonnets
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3) Urine 1:500
G Steinheil,Editeur.