‹ Études d’hygiène publiqueChapitre 17 sur 19 · DANS LES HOPITAUX D'ENFANTS A PARIS · texte numérisé non relu

DANS LES HOPITAUX D'ENFANTS A PARIS

Permettez-moi, Messieurs, de vous entretenir un instant de deux petites épidémies de scarlatine que j'ai eu l'occasion d'observer récemment dans mon service à l'hôpital des Enfants-Malades. Ce sont là des faits communs sans doute, ils n'en sont pour cela que plus démonstratifs. La scarlatine n'est point, vous le savez, une maladie qu'on a le droit de mépriser ni de considérer comme un accident inévitable et sans gravité. Aussi doit- •on prendre toutes les précautions nécessaires pour s'en préserver.

Voici dans quelles circonstances sont survenues ces épidémies.

Le 22 octobre dernier, une petite fille de 6 ans, Rouillard (Virginie), est admise, pour une scarlatine contractée en ville, au n» 17 de la salle Sainte-Elisabeth, réservée aux cas aigus. Cette enfant est en même temps atteinte d'une teigne tondante. La fièvre éruptive suit son cours ordinaire et ne présente aucune complication.

Le 2 décembre, c'est-à-dire quarante et un jours après le début, on fait prendre un bain à la jeune malade, on

(1) Communication faite à l'Académie de médecine dans la séance du 16 mars 1886.

184 ÉTUDES d'hygiène PUHLIQUE

change ses vêtements, puis on la tranfôre au n° 17 de la S'alle Sainte-Rosalie, spécialement consacrée au ti-aitenient des teignes.

Sept jours après, le 9, une autre enfant de cette même salle, Roger (Juliette), présente à son tour les symptômes de la scarlatine. On la fait passer aussitôt à Sainte-Elisabeth, où elle séjourne sans accidents jusqu'au 20 janvier. A cette époque elle retourne dans son ancienne salle après avoir été soumise aux mêmes mesures de précautions que la malade précédente.

Une semaine ne s'était pas écoulée que deux autres petites filles, âgées la première de 6 ans, la seconde de 4, étaient atteintes presque en même temps. A quelques jours de là, trois enfants étaient encore prises successivement et à intervalles rapprochés. L'une d'elles eut une angine diphtéritique dont elle guérit heureusement assez vite.

Comme on le voit, la scarlatine fut importée deux fois dans la salle Sainte-Rosalie, par des malades venues de la salle Sainte-Elisabeth, alors qu'on avait pris la précaution de leur donner un bain et de désinfecter leurs vêtements, alors aussi qu'il s'était écoulé plus de quarante jours depuis le début de leur affection.

Ce qui s'était passé à Sainte-Rosalie se reproduisit dans la salle Sainte-Elisabeth. Une petite fille atteinte de scarlatine y fut transférée du service de chirurgie ; elle ne tarda pas à transmettre sa maladie à cinq autres enfants âgés de 4 à 11 ans, et admises pour des affections diverses. Chez deux d'entre elles l'angine fut très intense et s'accompagna d'un énorme gonflement des ganglions du cou. Toutes guérirent de leur scarlatine, mais l'adé-

Page 1