LA SCARLATINE A PARIS
nopathie persiste encore et est lente à se résoudre.
Je dois ajouter qu'à la même époque des cas intérieurs de scarlatine se sont également développés par contagion dans les salles de mes collègues.
Vous savez, Messieurs, combien sont fréquentes les épidémies analogues à celles dont je viens devons parler. Ne peut-on rien faire pour les prévenir? Doit-on les attendre avec résignation, se réservant de soigner les malades le jour où nous apercevons l'éruption? Il me semble qu'il y a là une question d'hygiène hospitalière pour la solution de laquelle on n'a rien fait ou presque rien. La scarlatine est contagieuse, nous l'admettons tous : nous l'admettons si bien qu'à force de le dire, nous avons réussi à faire pénétrer l'idée de contagion parmi les gens du monde. Et si, dans notre clientèle, nous avons à soigner un scarlatineux, nous sommes souvent surpris de voir que des mesures rationnelles d'isolement ont été prises spontanément dans les familles.
A priori, il semble que dans les établissements construits pour un but spécial, dirigés administrativement, et, dans lesquels, par conséquent, il est possible d'obtenir un ordre et une discipline que l'initiative privée ne saurait fournir; il semble, dis-je, qu'on pourrait arriver bien près de la perfection. Or, la perfection hospitalière, la voici :
Aux Enfants-Malades, les scarlatineux sont soignés dans les salles communes, c'est-à-dire dans les conditions les plus favorables à la diffusion de leur maladie, puisqu'ils ont des rapports de tous les instants avec d'autres individus que leur âge et leur état de santé rendent plus aptes à contracter la scarlatine.
186 ÉTUDES d'hygiène PUBLIQUE
Aux Enfants-Assistés l'isolement se fait, dit-on, mais il faut avouer qu'il est vraiment conventionnel. Pour tout l'hospice, il y a six ou huit lits d'isolement, de telle sorte que, quand le chiffre des scarlatineux dépasse le coefficient administratif, il faut de toute nécessité les placer dans les autres salles. /
A Trousseau, il n'existe pas de pavillon spécial. On a cloisonné les salles existantes ou bien on a eu recours à quelques-unes des petites salles dont se compose un mqme service. Mais le personnel reste le même, et les communications se font par de larges ouvertures. L'obstacle à la contagion est donc insuffisant.
Je me plais toutefois à reconnaître que l'Administration fait de louables efforts pour rendre inoffensifs les objets qui ont servi à un malade atteint d'une affection contagieuse quelconque. En cas de sortie ou de décès, le linge, les effets, la literie sont passés à l'étuve et la couchette soigneusement désinfectée. S'il s'agissait d'un milieu réfractaire aux influences morbides, ce serait parfait; mais tandis qu'on s'occupe de tout ce qui touche directement le malade, on ne songe ni aux parquets, ni aux murs, ni aux meubles, ni aux rideaux des fenêtres. Il n'est cependant pas démontré que ces objets soient quand même et toujours inoffensifs; qu'ils ne peuvent point recevoir eux-mêmes des germes morbides capables de se conserver et de propager la maladie. L'expérience prouve, au contraire, que souvent ils ont servi de véhicule au contage.
Il ressort donc de tout ceci que, dans les hôpitaux, on n'a pas fait l'indispensable pour prévenir la transmission de la scarlatine, qu'on n'a pris que des mesures palliatives et insuffisantes. Je ne veux point en rechercher les