Ordon. d'Alsace, p. 311 — Cf. p
156 CH. m. — s. lî. — LA COUR FRANÇAISE DES MONNAIES.
la confiscation, « non devant vous, comme vous le prétendez, mais devant les juges-gardes de la Monnaie, selon Tarrêt du 26 juin 1694. »
Mais même sur cette question de détail les officiers de la Monnaie finirent par triompher. Nous avons déjà cité Tarrèt du 29 mars 1751 , qui leur reconnaît le droit « d'apposer les scellés et de procéder aux inventaires. > Le procureur Certain en obtint un second, le 26 juillet 1754, qui défendait au greffier de Strasbourg et aux autres officiers de justice de faire une levée de scellés, sans en avoir averti la Monnaie. Soumise par le magistrat à la Table de Marbre de Metz , TafiFaire fui évoquée par le roi à son conseil , et se termina au gré des Monnayeurs.
Une atteinte non moins sensible fut portée à la juridiction du magistrat, par l'ingérence de la Monnaie dans une affaire criminelle. Il s'agissait de faux monnayage. Le sénat fit ressortir en vain ses droits traditionnels, ses privilèges, et même la maladresse de ses rivaux. M. Le Pelletier répondit au préteur de Klinglin (21 fév. 1728) : « Les officiers de la Monnoye de Strasbourg ont été créés à Tinstar de tous les autres officiers de Monnoye du royaume , auxquels Ton n'a jamais contesté le droit de connaître des crimes concernant les Monnoyes , concurremment avec les Baillifs , sénéchaux et autres juges royaux, même à leur exclusion en cas de prévention. » Or dans le cas présent, les juges-gardes avaient été avertis les premiers.
Quant à la question de l'exportation et de l'importation des espèces , elle provoque bien quelques poursuites , comme le procès intenté, en 1724, à un linger nommé Walther; comme l'arrestation de deux marchands de Gemùnd, qui eut lieu peu de temps après, etc. etc. Les officiers de la Monnaie essayèrent de faire du zèle. Mais l'administration centrale , plus sensible aux intérêts de l'Alsace , lui accorda une bienveillante tolérance
Le préteur de Strasbourg , M. de Klinglin , n'eut pas de peine à démontrer combien cette tolérance était commandée par la situation géographique de l'Alsace. Bornée alors par l'Allemagne, la Suisse, la Lorraine, elle ne touchait à la France que par une étroite langue de terre et n'avait avec elle que fort peu de relations. Les bouchers alsaciens qui doivent s'ap-