‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 119 sur 391 · Cum investigatione auri in Rheno · texte numérisé non relu

Cum investigatione auri in Rheno

HISTOIRE DE l'ORPAILLAGE. 173

par Louis le Débonnaire en 824. L'année précédente (823) , le même Empereur avait sanctionné une transaction, par laquelle le comte Erchangier cédait à l'évêque de Strasbourg la goldmarcha de Plobsheim K

Si la critique peut contester la date, ou même l'authenticité, de l'un ou l'autre des documents qui se réfèrent à ces temps reculés, elle n'en est pas moins forcée d'admettre le fait qu'ils nous rapportent. Dès l'époque francique l'industrie des orpailleurs est connue sur le sol de l'Alsace. Elle y persiste à travers tout le moyen-âge et pendant les temps modernes, malgré la découverte de l'Amérique. Ce n'est que depuis peu qu'elle semble menacée d'un abandon complet.

L'or du Rhin a la forme de paillettes. Au dessus de Bâle, la rapidité du fleuve ne permet pas à ces paillettes de s'arrêter. Le lavage est possible à partir d'Istein , et on l'a essayé dans ces parages à différentes époques. Plus on descend le Rhin, plus le travail devient productif. Il a donné de bons résultats à Brisach, et surtout à Rhinau. Mais c'est au Neuhof , près Strasbourg, que commençait l'exploitation régulière et vraiment sérieuse du sable aurifère.

Les orpailleurs travaillaient de préférence les matières accumulées dans certains fonds, qu'on appelait goldgriene, goldgrûne, goldgrunde, goldweid,

L'orpaillage était un droit seigneurial. Il appartenait à tous ceux qui possédaient quelque souveraineté sur les bords du fleuve. Plusieurs de ces seigneurs , comme les évêques de Strasbourg (1682), les comtes de Hanau (1701) *, les comtes de Wurtemberg (1768), se firent confirmer dans leur prérogative par le gouvernement français. Les autres se contentèrent dea user, rassurés par leur possession immémoriale.

En 1751, la Cour des Monnaies de Strasbourg essaya de leur enlever ce droit. Se fondant sur un arrêt du roi , relatif au Languedoc , elle défendit, par ordonnance imprimée , de faire t la cueillette des pailloles d'or sans commission de Sa Majesté, > et exigea que l'or recueilli par les orpailleurs fut remis intégralement à la Monnaie (15 décembre). En même temps elle agit auprès du sieur Wechter , qui avait en ferme

1. Grandidicr. Hist. de TÉglise de Strasbourg, t. ir, p. clxxv.

Page 1