CONFLITS
Le règlement de 1517, quoique amplifié par des ordonnances du 22 juillet 1527 et du 95 avril 1530, fut renouvelé en termes presque identiques par Egenolphe de Ribeaupierre , en Tannée 1584.
Deux questions provoquèrent surtout de fréquents conflits Conflits entre les archiducs et les Ribeaupierre : la compétence du entre leî Bergrichter et les fournitures de bois. ribeau-
La maison d'Autriche tenait avant tout à la prospérité des pierre et mines. Elle voulait qu'elles fussent franches dans toute l'acception du mot, que « les ert:{knappen ne relevassent, comme ailleurs , que du Bergrichter. » Les Ribeaupierre , souverains du territoire, favorisaient au contraire les juridictions locales. Ces divergences d'intérêts et de vues amenèrent plus d'une fois de graves démêlés. On maintint cependant les principes formulés plus haut. Les mineurs continuèrent à dépendre du landrichter pour les terres qu'ils cultivaient, en dehors de leurs jardins (15 décembre 1531, 3 janvier 1583). Les affaires criminelles {malefiti) devaient être renvoyées de même aux juges ordinaires (22 juil. 1527).
La question des bois était plus difficile à trancher. Les archiducs n'avaient point de forêt dans le voisinage , la fourniture retombait donc en entier sur les Ribeaupierre. Les archiducs leur abandonnèrent d'abord le revenu intégral de la galerie S. Guillaume. Mais c'était là une compensation assez faible; et le développement pris par les mines rendait la charge de jour en jour plus onéreuse. En 1549, Egenolphe perdit patience. « Il avait déjà subi , disait-il , pour plus de oO.OOO fl. de dommage dans ses bois , » il se refusait à continuer seul de pareils sacrifices. La Régence d'Ensisheim envoya une commission, négocia, fit des promesses. Egenolphe se laissa adoucir, et les mineurs, de leur côté, consentirent à une contribution de 4 kr. (0 fr. 34) par voiture de charbon (1551). En 1558 la Régence n'avait encore rien fait. De nouvelles négociations eurent lieu, et les Ribeaupierre en obtinrent enfin un secours annuel en argent de 100 fl. (500 fr.). Cette subvention, réduite parfois à 50 fi., se maintint jusqu'à la fin de la domination autrichienne en Alsace.
De temps en temps les archiducs se fesaient céder quelque lambeau de forêt par les seigneuries voisines , le Grand Chapitre de Strasbourg, l'abbaye de Pairis (1578), etc. Pour se
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rapprocher du combustible, les fonderies durent même s'éloigner des mines et s'établir, les unes, à Orbey; les autres, à Urbeis. Grâce à ces palliatifs , les Ribeaupierre se virent en état de pourvoir à tous les besoins des mines. DÉVELOPPE- Celles-ci consistaient en ouvrages nouveaux , et en reprises MENTs dg travaux anciens, exploités déjà |dans les siècles antérieurs. DES MINES, g^ jggy^ ^^ y comptait 67 galeries; 37 étaient bonnes, 16 paraissaient encore douteuses , 8 avaient été abandonnées, après quelques essais peu fructueux.
Dans sa Cosmographie, Sébastien Munster nous apprend, que les mineurs de Lièvre avaient renoncé aux traditions des anciens. Ceux-ci creusaient verticalement dans la montagne jusqu'à ce qu'ils fussent arrêtés par les eaux. Au xvi* siècle, on avançait par puits et par galeries. Après ;un puits vertical d'environ 24 mètres, on poussait une galerie horizontale jusqu'au minerai; là était creusé un nouveau puits', d'où partait une nouvelle galerie ; le travail continuait ainsi jusqu'à une profondeur de 5 ou 6 puits, et même davantage.
Le même savant raconte que de 1528 à 1545 (date de sa visite à Lièvre), plus de 1200 maisons avaient été construites dans le JFurtelbach, et que la ville de S. Marie avait pris de grands développements. Vers 1530 les mineurs formaient un corps de 2000 ouvriers , qui s'accrut encore les années suivantes. En 1529, ils se rendaient , drapeau déployé, aux fêtes de Ribeau ville. Une troupe de bandits (^cAmy^pA^nen) dévasta, en 1537, Saales et les environs ; aussitôt nos mineurs exaspérés prirent les armes, et on eut beaucoup de peine à les retenir sur leurs chantiers. Lors de l'invasion de l'Alsace, en 1552, les mineurs fournirent un corps de 200 hommes , qui, sous les ordres de Nicolas de Hattstatt firent la chasse aux traînards de l'armée française.
M. deDietrich nous a décrit leur costume de travail. * tSujet à se heurter avec violence contre les traverses d'étançonnage, ou contre les rochers saillans des voûtes surbaissées, le mineur des Vosges porte un bonnet de feutre épais , rond et élevé, qui préserve sa tête. Contraint d'appuyer son dos contre les parois des routes souterraines qu'il se fraie, il se garantit de l'humidité continuelle du rocher par un fort tablier de