‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 139 sur 391 · DESTRUCTION DES M NES · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES M NES

abandon était la suite « de la mauvaise économie et du peu d'expérience des administrateurs , sur le fait des mines, jointe à une banqueroute du caissier desdittes mines *. »

Quelque temps après les fermiers du duc obtinrent, moyennant canon , Tautorisation de rechercher et de bocarder les haldes. Leurs profits engagèrent le seigneur à demander résiliation du traité, et les fermiers, qui craignaient les conséquences d'un procès, préférèrent se soumettre. Alors le duc passa un nouveau contrat avec les mineurs du pays, par lequel « fournissant les bois, les charbons, les bocards, (il) partagoit par moitié le profit de leurs œuvres. >

Cet accord subsista jusqu'en 1732. En cette année , une Leur compagnie suisse (anglaise?) obtint du roi Texploitation des reprise. mines d'Alsace et de Franche- Comté. Le duc de Mazarin fit opposition au nom de ses droits régaliens. Il en résulta une transaction, par suite de laquelle cette compagnie commença, en 1733, la mise en état des mines. Elle conserva la direction des travaux jusqu'en 1740, époque où M. Saur l'aîné, directeur général des mines de Lorraine, en fut chargé.

D'après le bail , conclu en 1733 avec David Floyde, et en 1737 avec Thomas Thynwiht et Robert Kinght, l'héritière du duc de Mazarin, la duchesse de Duras, se réservait un dixième du revenu brut des mines. Personne n'y gagna, ni la duchesse, dont les fournitures de bois excédaient en valeur le produit de cette dîme ; ni les entrepreneurs, qui ne rentrèrent point dans leurs déboursés.

De 1745 à 1746, la duchesse exploite directement les mines. Puis se succédèrent dans la ferme de l'entreprise, Huvelain Joachim (1747— 1756), Navarre et C'^' (1756—1772), Joseph Dufraisse de Paris (1773), Antoine-Henri Pattu des Hautschamps, qui céda son bail (1774) à Jacques Cuenot d'Offemont et à Jacques Prevot de Chaux. En 1779, les travaux furent abandonnés, et le duc de Valentinois essaya de les relever, en poussant activegient deux galeries nouvellement percées. Il n'avait encore obtenu que des résultats assez médiocres, lorsque la Révolution lui enleva la propriété des mines.

Le bail des derniers entrepreneurs comprenait toutes les

i. Mémoire Ms. fait en conséquence de Farrèt du conseil d'État du lo lanvier 1741. Bibliothèque de Strasbourg.— Brûlé en 1B70.

208 CH IV. — s. III. — MINES DE MASSEVAUX ET DU ROSEMONT.

mines du Rosemont, sauf le fer qui devait revenir aux forges de Belfort. Ils donnaient au seigneur Vio du revenu brut en minerai , 25 % du produit net des houilliers , 6 //- par pied cube des granits. En retour ils obtenaient le bois nécessaire à Texploitation, la chasse et la pêche, 4 milliers de fer avec réduction d'un quart sur le prix courant , exemption de toute espèce d'impôts et de corvées. Le prévôt des mines avait juridiction en première instance ; le Conseil Souverain jugeait en appel.

Quant au rendement exact des mines pendant cette période de décadence non interrompue, il serait difficile de le préciser. Les données ne font point défaut; mais elles manquent de suite et ne concordent point entre elles. On en jugera, en comparant le tableau suivant avec celui qu'à publié M. Kœchlin K

Année

Argent

Cuivre

Plomb

l^iiharge

Mine de plojib

1748 (7 mois V«)

18« marcs 1 loth

1749 (U mois)

1750 (14 mois)

1751 \8 mois)

1752 (6 mois)

(iOO

La production en argent reste souvent au-dessous de cent marcs ; elle ne s'élève que rarement au-dessus de cent livres. Le minerai est d'ordinaire très-pauvre , ce qui prouve qu'on travaillait surtout les mines de plomb et les haldes des anciennes exploitations.

Malgré cela , l'argent continuait à former la moitié du revenu total. Ainsi en 1748, les 186 marcs d'argent rapportaient 9329 1. ^, tandis que le cuivre , le plomb , la Htharge et la mine de plomb, ne produisaient ensemble que 8774 1.

Quant aux destinées assez obscures, que les mines de Giromagny devaient rencontrer dans notre siècle ; nous n'avons rien à ajouter au récit qu'a donné M. Kœchfin ^.

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