ORIGINE DES MINES DE S AMARIN
Quatrième Section.
Mines de S. Amarin et de Planchier.
Leur origine. — Leur règlement. — Droit d'asile des mines. — Mines de Planchier.
Les mines de S. Amarin ne datent que de la seconde moitié Leur du XVI* siècle. Elles sont situées sur le territoire de l'abbaye origine. de Murbach.
Le 30 juillet 1565, le bergrichter de Lièvre, George Vogel, adresse à la Régence d'Ensisheim les renseignements suivants. Informé par la rumeur publique « qu'un ouvrier avait découvert une nouvelle mine, à un mille environ audessus de Thann, » il s'est rendu sur les lieux. Il a rencontré une exploitation qui s'organisait sur des bases sérieuses. Les travaux sont distribués comme dans les domaines de la Maison d'Autriche. Il a vu sur quelques portes les armes des archiducs. Ceux-ci ne seraient-ils pas en droit de revendiquer les terres, où se sont faites ces nouvelles découvertes ?
La Régence transmit à l'archiduc Ferdinand, cette intéressante correspondance. De son côté, elle fit d'activés recherches. Une seconde enquête (24 avril 1566) nous apprend que les travaux se poursuivent avec ardeur; plus de trente mineurs sont à l'oeuvre; une fonderie a été construite; on a même déjà fondu deux lingots d'ar.ent. Mais rien ne se rencontra qui put autoriser la maison d'Autriche à attaquer les droits des abbés de Murbach.
Ceux-ci restèrent donc dans la possession incontestée de leurs mines; et dès 1568, l'abbé Jean Rodolphe édidtait une ordonnance qui devait régler les droits réciproques des diverses parties.
Dans le préambule de ce règlement, l'abbé de Murbach Leur rappelle lui même l'origine récente de la mine. € Comme en règlement.
210 CH. IV. — s. IV. — MINES DE S. AMARIN ET DE PLANCHIER.
dehors de notre antique mine de Planchier S la Grâce du Tout- Puissant nous a révélé sur le territoire de notre abbaye, en particulier dans le val de S. Amarin, des mines dont l'existence était jusqu'ici inconnue nous établissons par les
présentes une mine franche. » En conséquence, tout homme, étranger ou indigène, est autorisé à rechercher, à ses frais, de l'or, de l'argent. . . ; et le fruit de ses découvertes pourra être exploité, selon les règles prescrites.
Ce règlement ne renferme pas moins de 126 articles, la plupart empruntés au statut de 1517 , analysé plus haut*. Il nous semble inutile de revenir sur des détails déjà connus. Nous nous contenterons de noter quelques textes explicatifs.
Si la Seigneurie se réserve un neuvième dans chaque galerie, cela veut dire que « si elle le juge à propos , elle pourra en exploiter, à ses frais, la neuvième partie (art. 9). > C'est donc une part dans l'exploitation qu'elle revendique , bien plutôt qu'un impôt sur les bénéfices, comme pouvait le faire croire le langage moins explicite des Statuts de Lièvre.
Les comptes du forgeron étaient établis par des baguettes (spen ou kerbhol^)^ sur lesquelles il faisait une entaille, chaque fois qu'il aiguisait la pointe (ortj d'un outil ^. Droit Art. 61. € Tous les hommes qui dépendent de la mine, d'asile quels qu'ils soient, pourront, pour toutes les choses pour les- DEs MINES, quelles il est d'usage d'accorder l'asile sur notre territoire, dans la ville de S. Amarin , dans les monastères de Murbach et de Lure — trouver asile dans la galerie (lajrte), pendant six semaines et trois jours , à leurs frais , mais non davantage. >
Cette franchise, dont les règlements du xvi' siècle conservent si peu de traces, était partout stipulée, et en termes beaucoup plus absolus, dans les documents antérieurs. Voici ce que
1. Dépendance de Lure. Planchier relevait de Murbach depuis la réunion des deux abbayes.