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CONFLITS AVEC LES MINES

gences des mineurs n'étaient pas exorbitantes : enLorraine, on leur donnait 9 fl. du marc. Ils offrirent cependant leurs bons oflBces , pour obtenir que les mines livrassent tout leur argent à la Confédération.

Les confédérés tenaient surtout à ce dernier point. Ils avaient même envoyé une députation à l'Empereur pour solliciter son intervention. Les négociations étaient encore pendantes, lorsque Colmar fit savoir à ses associés (25 janvier 1532), que deux de ses bourgeois, Peter Berger et Ludwig Baretrùacher , avaient acheté pour deux ans tout l'argent des Ribeaupierre , à raison de 8 fl. 23 ^. (^f^ le marc. Il proposa de négocier avec eux pour acquérir la cession secrète de ce traité , que d'ailleurs, comme bourgeois de Colmar , ils ne pourraient exploiter eux-mêmes, sans encourir les peines édictées contre le commerce d'argent.

L'idée fut agréée, et une convention monétaire, conclue en 1533, nous apprend dans son préambule, que la Confédération a obtenu de plusieurs bourgeois de Colmar, pour 8 fl. 23 /^. le marc, tous les produits des mines de Lièvre et d'Eschery.

Il y avait calcul chez les Ribeaupierre à ne pas traiter directement avec la Confédération. Celle-ci , armée de ses anciennes ordonnances , se prétendait en droit de réclamer la jouissance exclusive des produits miniers. Or les Ribeaupierre ne voulaient pas reconnaître ce droit. Ils préféraient s aboucher, soit avec des intermédiaires , comme les bourgeois de Colmar nommés plus haut, soit avec les archiducs d'Autriche, Ils avaient soin en outre de faire insérer dans les actes de cession, que l'abandon , qu'ils faisaient de leur argent, avait lieu par faveur particulière et sans aucune obligation de leur part {aus besonderen gnaden und keiner gerechtigkeit).

Les intermédiaires de 1533 furent les pourvoyeurs de la Silber Confédération, sous le nom de Silberkeuffer ^ jusqu'en 1543. keuffer. En cette année DiéboltSchilter et George Dubler continuèrent l'entreprise , en vertu d'un traité conclu pour trois ans (21 février). L'argent devait être livré à 1 W. 18 gr. et au prix de 9 fl. 4 /?. 3 ^. ( Ve ). Les confédérés prenaient à leur charge une avance de 3000 fl. (15000 fr.), faite aux fonderies, et promettaient de payer comptant; ils acceptèrent même peu de tempsaprès une autre avance de 2000 fl. (10000 fr.), que les silberkeuffer s'étaient d'abord engagés à fournir eux-mêmes. Ceux-

226 CH. V. — s. I. — COMMERCE DES MÉTAUX PRÉCIEUX.

ci cherchaient l'argent à Ribeauvillé et le livraient à la Monnaie de Colmar, à raison de 18 ^. stebler (0 fr. 30), par marc, en sus du prix d'achat.

En dehors de ces avances de 5000 fl., portées à 6000 dès 1544 , les confédérés promettaient de venir au secours des mines, si des circonstances accidentelles entravaient le travail. Et ces cas se présentaient assez souvent. Les mines recevaient de cette façon, en 1544, le prix d'une demi livraison (26 janvier), avec l'assurance que la livraison serait parfaite, si les froids continuaient à sévir : le remboursement de cette somme était échelonné en plusieurs termes. Or la valeur d'une livraison était assez considérable, 882 marcs *, environ 45000 fr., qui venaient s'ajouter aux 30,000 fr. de l'avance ordinaire.

La même année 1544 , les monnayeurs se plaignirent de l'affinage des Mines. L'argent qu'on leur envoyait renfermait trop d'alliage. A la suite de ces réclamations chaque fonderie reçut l'ordre de mettre sur ses lingots une marque particulière, et les Monnaies furent autorisées à lui renvoyer ceux qui n'auraient pas la finesse voulue (11 9. 18 gr.). CoN- Dans le traité de 1543 les archiducs et les Ribeaupierre

CESSIONS s'étaient réservés le droit de disposer, à leur gré, de tout l'ar- FAiTEs gQ^i qu'ils obtiendraient eux-mêmes, comme dîme, comme abonnement aux galeries d'écoulement, etc. Ils ne vendaient ainsi à la confédération que les produits nets des entreprises particulières. Celles-ci firent à leur tour des réserves après l'expiration du traité.

Les confédérés durent en passer par là. Ils consentirent (1 juillet 1545), non seulement à portera OV^fl- le prix de l'argent fin, mais encore à abandonner aux Mines la libre disposition du tiers de leur produit. Il est vrai qu'en compensation les Ribeaupierre et les archiducs renonçaient à leur privilège.

Lors de la rénovation de ce traité (9 janvier 1549), on accorda aux mineurs la moitié de leur argent. Ils voulaient les deux tiers, et ce ne fut que sur l'intervention des Ribeaupierre qu'ils relâchèrent quelque chose de leurs prétentions. Ils cédèrent « par pure grâce et pour le maintien d'une bonne monnaie » dans le pays.

1. 288 pour Thann, 216 pour Bâle, 144 pour Colmar, 144 pour Fribourg et 90 pour Brisach.

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