‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 191 sur 391 · CH. VI. — FABRICATION ET RENDAGE · texte numérisé non relu

CH. VI. — FABRICATION ET RENDAGE

l'Empereur *? Pour quel motif le fisc comptait-il la livre d'or à 72 sous, quand elle se soldait en lingots *, et à 84 sous, quand elle se payait en espèces ^ ? N'eussions-nous d'ailleurs aucun texte à l'appui de notre sentiment , nous hésiterions encore à admettre que le fisc romain, si rapace en toute occurrence, se soit montré, à propos de monnayage, si gratuitement desintéressé.

Personne en effet ne trouvera mauvais que les frais de monnayage soient reportés sur la monnaie elle-même. Il peut même être avantageux de laisser un léger écart entre l'argent fin et l'argent monnayé, pour diminuer les tentations de refonte.

Quant au seigneuriage , sa légitimité est moins certaine. Il se prête surtout à d'étranges abus. On l'admettait touiefois dans les siècles passés, pourvu qu'il fut modéré, « car si cette portion estoit excessive et tropt grande , elle seroit au préjudice et dommaige de toute la communaulté *. *

Les économistes intelligents ne se sont jamais fait illusion sur les inconvénients d'un seigneuriage exagéré. Les monnayeurs de Bavière se plaignaient, en 1445, de ne pouvoir faire une monnaie aussi bonne que celle de Vienne, parcequ'ils devaient payer à leur prince 3 ou 4000 fl. par an. « Ces 3 ou 4000 florins, disaient-ils, coûtent au prince, chaque année, plus de 20000 florins. Qu'il compte ce qu'il a perdu depuis que le florin au lieu de 5 ou 6 /^. en vaut 8. Le seigneuriage qu'ils réclament de la Monnaie , fait aux seigneurs , aux prélats et aux villes, et leur fera toujours, plus de mal qu'on ne saurait

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