‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 205 sur 391 · ÉDITS MONÉTAIRES DE 1559 ET · texte numérisé non relu

ÉDITS MONÉTAIRES DE 1559 ET

au rebut, il les fait briser en présence du maître monnayeur, pour qu'on ne puisse plus s*en servir.

Il exerce aussi une certaine surveillance sur les monnaies qui se trouvent dans la circulation. Si l'une d'elles lui semble suspecte, il doit l'essayer et en rendre compte à la diète. Dans le cas où la diète ne se réunit que longtemps après, il avertit l'autorité des irrégularités qu'il aura découvertes, et celleci en préviendra les autres membres de la diète , pour qu'ils puissent se tenir en garde et agir selon l'opportunité des circonstances.

L'édit fixe aussi un salaire ^ uniforme pour les ouvriers raonnayeurs. Il était de un florin de 60 kreutzer, pour 9 marcs de ducats ; 8 marcs de florins d'or ; 17 marcs de florins d'argent ; 13 marcs de pièces de 10 kr. ; 12 '/« marcs de 5 kr. ; 11 V2 marcs de grossen (dont 21 =60 kr.) ; 11 marcs de 2 V2 kr.; 10 marcs de 2 kr. ; 9 marcs de 1 kreutzer ; 8 marcs de deniers et 7 marcs d'oboles. Le monnayage devait être tenu en régie par TÉtat, et il était interdit très-sévèrement de laisser les oflBciers de la Monnaie contracter entre eu x des associations dangereuses pour la régularité du service.

Ces difl^érentes mesures furent renouvelées et confirmées, sous des peines plus fortes encore, par la diète de 1566. Elle statua en particulier que désormais toutes les espèces , sauf les deniers et les oboles , seraient pesées pièce par pièce , et que, pour assurer la régularité de la taille , on se servirait dans cette opération du chevalet {Neckbanck), € Les ouvriers et maîtres qui refuseraient d'employer le chevalet , devaient être réputés infâmes , incapables , deshonnêtes , et , comme tels, exclus de toute charge honorifique *. »

Pour surcroit de précaution , les wardyner et les Mûntzmeister avaient à se faire agréer par le Cercle dont ils dépendaient, et à lui prêter serment de fidélité. C'était un moyen de les enlever en partie à la pression des autorités locales , et de les rattacher au pouvoir central de l'Empereur.

1. Ce salaire, il ne faut pas le perdre de vue, ne correspond qu'à une partie des frais, au monnayage proprement dit.

2. Ce chevalet, appelé ailleurs Z/e/re^anc/r ('diète de 1571), était appliqué au laminage des barres et leur donnait une épaisseur égale , ce qui facilitait légalité du monnayage.il remplaçait le laminage au marteau par un laminage mécanique.

296 CH. VI. — s. I. — LE RENDAGE DANS LA BASSE ALSACE.

Les ordonnances de 1559, nous Tavons vu, suppriment tout seigneuriage, et dans les diètes suivantes , TEmpereur revint sans cesse sur cette pensée. € Le monnayage, lit-on dans Tédit de 1570, n'est pas une industrie mercantile (kein mercant\) mais un droit régalien, que les États ont reçu de Notre confiance particulière, non pour leur intérêt privé, mais pour en user , comme nous le faisons Nous-mème , à la gloire de TEmpire , et en vue de Tutilité publique. Nous enjoignons donc de nouveau à tous ceux qui jouissent de ce droit , sous peine de déchéance, de ne louer, engager, affermer ou aliéner leurs Monnaies en aucune façon. Nous leur interdisons plus formellement encore d'entrer en partage de bénéfice avec le maître monnayeur , ou d'attendre du monnayage quelque profit particulier. »

La différence entre le marc fin et le marc fin monnayé, admise par les ordonnances impériales, représente donc uniquement les frais de monnayage. Or cette différence n'est que de

12 V« kr. ou 2,04 */o sur 10 fl. 12 »/« kr. en florins

en demi florins

en p. de 10 kr.

en p. de 5

40 6,25 10 40 en â. de Strasbourg.

On n'aqu'à comparer ces chiffres à ceux que nous avons rapportés plus haut, pour voir que la diète ne se bornait pas à supprimer le seigneuriage, mais qu'elle réduisait encore de beaucoup les frais de fabrication. En 1546 Strasbourg donnait à ses ouvriers 7,57 % pour ses vierer, et 9,01 pour ses :[weyery qui ont, sous des appellations différentes, la même valeur que les pièces de 2 et 1 kreutzer.

Leurs Cette sévérité même empêcha la réforme d'obtenir un succès ERREURS, complet. Les édits impériaux ne furent observés nulle part avec une docilité sans réserve , pas même dans les ateliers impériaux.

Elle eut cependant d'heureux résultats. Bien que nous n'ayons sur le monnayage du xvi* siècle que des données assez rares , il nous est cependant facile de constater ce fait. En 1571 , la Monnaie de Strasbourg compte pour un marc de

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