‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 223 sur 391 · SERMENTS DES MONNAYEURS · texte numérisé non relu

SERMENTS DES MONNAYEURS

regrettables erreurs. Chacun des confédérés le fera cesser dans son territoire par de sévères défenses.

Les serments de 1533 sont littéralement reproduits, à propos des officiers de Col mar *, dans une série d'actes, qui datent du l*' février 1547. Il est donc inutile d'insister sur ceux-ci. Nous nous contenterons de signaler un accord Êiit, en ce jour, entre le magistrat de Colmar et le maître monnayeur, Louis Rosenfarb. Celui-ci ne remet à la ville , pour le seigneuriage, que 3 kreutzer par marc d'alliage, 1,05 7o • Par contre, il prend à sa charge les salaires des essayeurs et des juges gardes , et la gravure des coins. Il fournit, en outre, un cautionnement de mille florins , garantis par Michel Rosenfarb , hôtelier du Sauvage et par le receveur municipal (ungelter), Alexandre Fuchs.

Ces actes indiquent aussi, pour les batzen et lesplappart, un remède de taille plus faible que celui de la convention de 1533. Il n'est que d'une V2 pièce pour les batzen et d'une pièce pour les plappart.

Le remède fut complètement supprimé par les édits impériaux de 1551 et 1559, qui réduisirent aussi les frais de fabrication dans des proportions notables. On en jugera par le règlement monétaire adopté pour la Rappenmiint^ , en l'année 1555. Le marc fin compté à 10 fl. rapporte en :

plappart . . (-260 */,) 10 fl. 25 V5 kr., ce qui met le rendage à 25 V» kr. ou 4,03*^/9 doppelvicrer (394 */,) 10 28 */s 28 */» 4,49

vierer .... (792) 10 33 '/j 33 «/^ 5,27

rappen. . . (I600) 10 40 ' 40 6,25

hcllers. . . (3302 «/jUl \ 60 «/s 9,14

En 1563, Thann compte le salaire des monnayeurs , par marc fin, à :

9 kreutzer ou 1,47 «, sur les florins ... (10 "/„) 12 1,95 sur les Zehener. . . (61 «^Z,,)

20 3,18 sur les doppcl vierer . (390 •/-/

21 3,78 sur les vierer . . . (782 «g 36 5,62 sur les rappen . . (I600)

48 7,22 sur les hellers . . (3316 */ii)

Or le marc fin coûtait alors 10 fl. 5kr. pris aux mines, plus 4 kr. Vs de transport. On monnayait à perte sur toute la ligne,

330 CH. VI. — s. II. — LE RENDAGE DANS LA HAUTE ALSACe!

sauf pour les hellers, qui ne se feibriquaient que dans de trèsfaibles proportions.

La réduction continue encore en 1564. A cette époque le marc fin, payé 10 fl. 6 kr., rapporte monnayé en : florins .... (lo "/j.) lo fl. 12 V, kr.,ce qui met le rendage à 6 V« kr.ou 1,06 •,, demi florins (20 **!„} lo 12 Vs » Vt l»^^

zehener ... (61 17„) lo 12 V, 6 V, 1,06

doppelvierer (390 «/,) lo 25 19 3,0i

vierer. . . . (782«/g; 10 25 ■/j, 20 3,20

rappen . . . (1600) 10 40 84 5,31

hellers .. .13316 V; 11 31/5 S'^Vs 8^62

Le prix de 10 fl. 6 kr. est payé aux mines mêmes. Le transport de l'argent coûte en outre, jusqu'à Colmar et Brisach, 6 rappen ; jusqu'à Fribourg, 8 rappen i jusqu'à Bàle, 12 rappen. De plus, les confédérés avançaient aux mineurs, sans intérêt, une somme de 13300 fl., soit une gratification annuelle de 665 fl. Ces divers éléments réduisent, dans des proportions très-notables , la valeur du rendage que nous venons d'indiquer.

Nous ne saurions donc nous étonner que les États soumis au règlement de 1564 n'aient pu monnayer qu'à perte. L'importance de ces pertes est estimée, en 1570, parla Monnaie de Bàle, à 5 V2 kr. ou 0,89 % par marc de florins ; à 7 V2 kr. ou 1,22 7o , sur les Zehener ; à 2 kr. */5 ou 0,45 sur les blaphart ; à 4 kr. Vs ou 0,76 % , sur les doppelvierer ; à 4 kr. ou 0,65% , sur les vierer ; à 6 kr. ou 0,93 % sur les rappen ; et à 17 kr. ou 2,56% sur les hellers.

Les États de la confédération convinrent donc d'un nouveau règlement, qui leur laissait un bénéfice réel. D'après cet acte, le marc fin coûtait, port et intérêt des avances compris, 10 fl. 14 kr., et rapportait en

florins, demi florins et Zehener 10 fl. 41 V4 kr., rendage 27 V4 kr. ou 4,25 •',

doppelvierer (404) 10 45 31 4,80

vierer (814) 10 51 37 5,68

rappen (1650) il 46 6,96

hellers (330o; il 46 6,96

Mais le bénéfice disparut de nouveau , lorsque le prix de l'argent eut été porté, en 1578, à 10 fl. 25, pris aux mines.

En 1584, les archiducs d'Autriche adoptèrent un pied monétaire, qui ne différait pas sensiblement de celui que nous venons d'indiquer. Ils ne payaient que 10 fl. 15 kr. pour le

LE MONNAYAGE A ENSISHEIM. 331

marc fin, plus 2 kr. pour le port de l'argent et 1 kr. environ pour avances gratuites. A partir de 1594, le prix de l'argent hausse de 3 kr. Le marc fin rapporte en

thalers, V* et V» thaler 10 fl. 31 ^'^ kr.,rend. 13 % ou 2,13; après 1591,10'/, ou 1,66

zehener (37 »/?) • • .

3kreutzers(2l2«'„i)

doppelvierer (401 '/,)

vierer ^810 •/,) . .

rappen (1661 "/„,;. .

hellers (3475 VjJ . •

A F.NSISHRIM.

Ces deux dernières espèces semblent, au premier abord, admettre un brassage assez considérable. Mais d'une part , vu leur petitesse, leur monnayage était fort coûteux ; de l'autre, elles étaient l'objet d'un agio , qui dès 1593 s'élevait à 4 kr. par thaler, soit 36 kr. par marc.

Il n'y avait de vraiment rémunérateur que le monnayage du thaler. Encore fallait-il, pour cela, opérer sur des quantités importantes et disposer d'un outillage perfectionné. La Monnaie d'Ensisheim réunissait ces deux éléments de prospérité.

Deux documents très-étendus nous initient, jusque dans les Le moindres détails, à l'organisation intérieure de cet atelier. Le monnayage premier (20 octobre 1584) est une instruction adressée par l'archiduc Ferdinand à Conrad VogeP, wardein et greffier de la Monnaie. Le second émane du même prince et concerne Christophe Heyd de Heydenberg, qui remplit les fonctions de directeur {munt^verjpalter) de 1589 à 1601 ^, La même pièce, mutatis mutandis , est remise plus tard par Rodolphe II à Pierre Balde. qui exerça la même charge de 1601 à 1620 3.

Le travail des monnayeurs commence par l'essai des matières précieuses, qui ne sont reçues qu'au poids de Strasbourg. L'essai des pièces d'argenterie se fait à la pierre de touche; celui deslingots, au feu. Pour cette dernière opération on prenait un huitième d'once de métal , moitié à la partie supérieure, moitié à la partie inférieure du lingot ; parfois, suivant la méthode tyrolienne , on essayait le milieu , à une épaisseur de main de la surface. Si l'afBnage était mal fait , le

1. Il eut pour successeurs , comme wardein , Jean Sendmeier , Louis Tràxelmaier et Zacharias Trâger.

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