Polyptyque, p. 117 et
3. Ne pourrait-on pas expliquer par là Tadoption, dans les Monnaies, de la livre carlovingienne ? Lorsque Ton tailla 90 aurei /ranci à la livre romaine, le change de Taureus à 40 a. exigeait à là même livre une taille de 300 â. Quand cet aureus cessa d'être monnayé et que l'on ne connut plus dans le commerce que l'aureus grec, \/,, de la livre romaine, on ne pouvait conserver le change traditionnel de l'aureus, qu'en augmentant la valeur du â, de ••/„ ou ^|^, On était donc farce, ou de ne plus faire que 240 â, dans la livre romaine, ou — si l'on tenait à la taille de 300 — de substituer à la livre romaine une autre livre qui ftit Vi P^^s forte. Or telle est précisément la livre carlovingienne.
digression n'est à nos yeux qu'un accessoire, et ne sert que d'introduction à nos recherches personnelles.
Pépin conserve naturellement, au début de son règne , le pied adopté par ses devanciers. Mais vers 755 , il décida * que Ton ne taillerait à la livre que 22 sous de compte ou 264 8. Le nouveau denier pesait 1,24 grammes, s'il s'agit de la livre romaine, et 1,55 grammes s'il est question de la livre carlovingienne.
M. Guérard, cherchant à vérifier ces deniers par l'oxamen des pièces, a divisé les deniers de Pépin en deux catégories ; la première a pour moyenne 20 7i grains ou 1,09 gr. et la seconde 2372 grains ou 1,25 gr. Plus tard on découvrit à Imphy de nouveaux deniers de Pépin, que M. Longpérier * a également répartisen deuxséries,d'aprèsleur monogramme; les première (R. F. rex francorum) pesaient en moyenne 1,22 grammes et les autres (R. P. rex Pepinus) 1,258 grammes.
Mais ces résultats laissent le champ ouvert à bien des questions. Les monogrammes R. F. et R. P. distinguent-ils réellement les deniers antérieurs à 755 de ceux qui sont postérieurs à cette date } Si cette hypothèse est exacte, il faudra admettre que la livre carlovingienne a déjà servi sous les derniers Mérovingiens ^. En tout cas, malgré l'écart assez considérable, qui existe entre le poids normal (1,55) et le poids réel (1,258) des deniers les plus récents de Pépin, on est forcé de reconnaître que ceux-ci ont pour base la livre carlovingienne. Il n'est pas possible de penser que si leur poids légal avait été de 1,24 grammes, les exemplaires arrivés jusqu'à nous, plus ou moins affaiblis par l'usure et par mille autres circonstances, présenteraient encore, même en moyenne, un poids supérieur (1,258).
Cette conclusion est confirmée surtout par les deniers de Carloman (768 — 771), qui pèsent en moyenne 1,33*.
Les deniers de Charlemagne (768—814) se partagent de nouveau en deux séries, les uns à la taille de Vi64 doivent peser
1. Ui ampîius non habeat in libra pensante nisivigenti duos solidos.