‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 26 sur 391 · MONNAIE DE COMPTE. — LA LIVRE · texte numérisé non relu

MONNAIE DE COMPTE. — LA LIVRE

nous De croyons pas que cette proposition puisse être contestée, surtout pour TAllemagne — si l'étalon d'argent est la loi historique du passé, l'étalon d'or ne peut arriver à une conclusion vraie, qu'à l'aide de deux erreurs qui se corrigent Tune l'autre. Il altère la véritable physionomie des faits économiques : il supprime à la fois les rapports exacts et dans le prix de denrées et dans la valeur des monnaies ; il transporte arbitrairement sur l'un des deux éléments d'évaluation, ce qui appartient historiquement et dans la réalité à l'autre. En un mot , c'est une vérité de convention substituée à la vérité vraie.

En dehors des monnaies d'or et d'argent, il se rencontre Monnaie dans les anciens documents une troisième espèce de monnaies, ^^ compte. sur laquelle il importe d'être fixé. C'est la monnaie de compte.

On entend par monnaie de compte, idéale ou imaginaire^ une monnaie qui, sans exister réellement, représente sous un nom collectif une certaine quantité de monnaies réelles.

Les monnaies de compte de l'Alsace se rattachent à deux systèmes différents : la livre et le florin.

La livre comprend 20 sous de 12 deniers, ou plus rarement La livre. 12 onces de 20 deniers chacune. La livre (p/und) et l'once (unt:{) n'ont jamais existé ; le sou ou schelling n'a été monnayé que depuis le xv* siècle ; le denier {pfenning) seul est la base réelle de ces évaluations.

La livre avec ses subdivisions remonte , de l'aveu de tous, à l'époque de Charlemagne , qui fit tailler 240 deniers ou 20 sous dans la livre divisée en 12 onces. Nous espérons prouver ailleurs que l'origine de la livre doit être reportée plus haut encore. La livre d'argent renfermait déjà 240 deniers aux temps mérovingiens ; et au moment de la conquête des Francs, 12[deniers d'argent valaient un sou d'or. C'est de la combinaison de ces deux idées contradictoires en elles-mêmes *, mais qui se sont succédées sur le sol de la Gaule, qu'est sortie la livre de 20 sous. Quant à l'once , elle formait le douzième de la livre romaine, comme de la livre carlovingienne.

Le denier est le point de départ de la livre. Il s'en suit qu'il y eut en Alsace autant de livres distinctes que d'espèces de deniers. En voici l'énumération :

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