Titre 343,7, poids 0 gr. 704, en argent 0 gr
DÉSORDRES DANS LES MONNAIES. 42b
Au fond, ces altérations des petites monnaies ne profitaient guère aux États qui les pratiquaient. D'une part, ils étaient forcés de les reprendre dans leurs caisses à leur valeur nominale, et perdaient de la sorte ce qu'ils avaient gagné à les émettre. D'un autre côté, haussait en même temps, non seulement le prix des marchandises, mais encore l'agio des espèces supérieures. Souvent même la hausse de celles-ci dépassait la diminution des premières.
C'est ce que nous explique très-bien un rapport que la Régence d'Ensisheim adressait, à cette époque, à la Régence d'Inspruck. Celle-ci s'étonnait de ce qu'on préférait, à Ensisheim, le monnayage des thalers à celui des 3 kreutzers. La raison en est bien simple, lui fut-il répondu. « Avec 130 marcs 15 loths 11 V2gr.,on fait 1500 fl. de dreikreut:^er^ qui valent au change 1650 fl. Or avec le même argent on peut fabriquer 1590 thalers, qui, à 20batzen chacun, donnent 1730 fl. 40 kr., différence 80 fl. 40 kr. De plus on économise 14 fl. sur les frais de fabrication , total 94 fl. 40 kr. » Il y avait donc un avantage de 5,43 %à monnayer des thalers.
Fidèle à ces principes , la Monnaie d'Ensisheim ne monnayait des espèces d'appoint que dans des limites fort restreintes. En 1602, sur 14803 marcs d'argent fin qui y furent mis en œuvre, nous ne rencontrons que 310 marcs de dreyer (3 kr.) et de doppelvierer{8 â. steb.)Tout lé reste, 97,90% , fut transformé en thalers.
Encore ces deux espèces ne se trouvaient-elles pas au bas de l'échelle monétaire. Nous venons de voir que le dreykreutzer gagnait au change 10 7o sur la valeur nominale. Il rapportait alors au marc fin 11 V2 fl. En 1603, il donnait 12 fl. On le monnayait à Colmar, à % fin, 120 pièces au marc (titre 500. poids 1 gr. 944 , en arg. 0 gr. 972, val. int. 0 fr. 215). En 1603, la diète de Worms condamnait les 3 kreutzers de l'archiduc Ferdinand , parcequ'ils rapportaient au marc fin 12 fl. 34 V4 kr. au lieu de 12 fl.
Un tarif de change publié dans la Haute Alsace en 1608, se base sur une valeur de 84 kr. pour le thaler, de 13 fl. par conséquent pour le marc fin, qui renferme 9 V? thalers.
Des évaluations de ce genre nous permettent de suivre pas à pas l'affaiblissement des monnaies. Mais ce tableau a déjà passé sous les yeux du lecteur. (V. au Chapitre v , p. 257).
426 CH. VII. — s. m. — monnaies de bale et de golmar.
Qu'il nous suffise de noter ici la seule indication directe que nous ayons rencontrée pour cette époque.
Les États de la Haute Alsace, réunis àColmar au l'»" octobre 1621, décrétèrent le pied suivant pour les
dickpfenning (38 à ^%<,) 3bàtzner (77 à 8 V» 1.) .
Tiire.
Poids.
6 gr. 154 3 037
3 gr. 846 1 613
Valiiu.
0 fr. 848 0 353
RÉFORMES Les espèces d'appoint continuèrent à s'affaiblir jusqu'au 26
DE 1623. juin 1623. A cette date, l'archiduc Léopold prit l'initiative
d'une réforme radicale, qui fut admise par tousles États de
la Haute Alsace. Elle a pour base l'évaluation du thaler à 90
kreutzers. On réduisit en conséquence le
guldiner (fl. de 60 kr.) de 1621 et 1622 à 12 kr.
sechser (6 batzenj de 1621 et 1622 à 24 hellers j au lieu de
» 1623 16 } 120 (24 kr.)
Dans son édit du 29 août, le prince évalue le
3bâtzner de Guebwiller à 9 rappen,au lieu de 30 rappen double plappart (duplex) à 7 V* hellers 24 hellers
plappart (assis^ 4 12
vierer 1 4
rappen Vi *
lucer (kreutzerj 2
En même temps on adoptait le pied ^monétaire suivant :
thaler autrichien (8 Ve à 10 Vs â.) V, » (16 V4 à 10 V,) .
duplex (75 à 4 V«)
fierer (400 à 3 »/,)
rappen (662 à 3)
Tiirc.
Poids.
28 gr. 781
en argent. VaLniKii.
25 gr. 183 12 591 6 295 1 159 0 19% 0 088
5fr. 5«
Mais l'ordre était à peine rétabli qu'il se trouva de nouveau menacé. On remarqua que l'émission des monnaies d'appoint s'était faite dans des proportions trop considérables : cette surabondance pouvait ramener l'agio, et renouveler une crise dont on n'était sorti qu'avec tant de peine.