LE FLORIN
quand il s'agissait de rentes ou du remboursement d'un capital. De là, nécessité de prévenir, par des évaluations fixes, les contestations qui pouvaient éclater entre les parties. Les gouvernements se crurent donc en devoir d'établir eux-mêmes un tarif oflBciel , qui avait force de loi, dès que le paiement en or n'était pas expressément stipulé.
Dans l'origine ce tarif officiel n'était qu'un tarif de change assez exact. Mais il cessa bientôt de suivre le cours du florin d'or. Il s'introduisit ainsi, en dehors du cours commercial du florin , un cours conventionnel d'un usage beaucoup plus commun et plus général. A Strasbourg, le fait est peu saillant avant le xvi« siècle , grâce à l'attention qu'avaient les monnayeurs de se régler, pour leurs monnaies d'argent, sur les modifications subies par le florin d'or. Celui-ci valut régulièrement, à partir de 1433, 10 (^ Va ou 126 ^. L'écart entre le florin d'or et le florin conventionnel ne commença qu'en 1528; le dernier continua à représenter 126 â. ou 63 kr., sous le nom de florin de Strasbourg y strasburger gulden ou strasburger wehrung. Dans la Haute-Alsace le florin de compte présente plus de variétés. Fixé officiellement en 1403 k iO ? rappen ou 20 /^ stebler, le florin s'éleva en 1433 à 11 Va /* rappen ou 23 /? stebler . et vers 1500 à 12 V2 ? rappen ou 25 /? stebler.
Dans la première moitié du xvi« siècle, une importation étrangère vint s'ajouter au développement indigène du florin de compte. Dans les pays voisins, on l'évaluait à 15 batzen de 4 kreutzers ou à 60 kreutzers. Cette manière de compter se répandit peu à peu en Alsace et s'y naturalisa définitivement, grâce aux édits monétaires de 1542 et 1559, qui l'adoptèrent comme monnaie commune de l'Empire, et le mirent en rapport immédiat et direct avec les monnaies locales.
Dès-lors le kreutzer valut 2 S. strasb., le batzen 8 à, le florin 120^. ou 10 /^. Le florin de compte, appelé ^orm de i5 batzen ou simplement florin , était donc la moitié de la U. strasb. * Après la conquête française les mêmes bases furent conservées, et le florin strasbourgeois se trouva estimé à 40 sous d'Alsace d'abord, de France ensuite.
1. Il ne feut pas le confondre avec \e florin de Strasbourg^ ^ mentionné plus haut^ qui valait 3 kreutzers ou 6 â. de plus, jusqu'au xvii* siècle.
Dans la Haute-Alsace le kreutzer fut mis à 2 V2 rappen ou 5 stebler, le batzen à 10 rappen ou 20 stebler, le florin à 12 Vi § rappen ou 25 /^ stebler. C'était, on le voit, le pied déjà spontanément adopté depuis le commencement du siècle. Les ^. bases de cette évaluation, subirent comme à Strasbourg, une diminution successive; mais elle fut plus considérable que dans la Basse- Alsace , et il en résulta, que lors de l'introduction des espèces françaises, le florin de Colmar et de Bâle ne fiit coté qu'à 33 sous 4 d.
Les kreutzers et les batzen étaient des monnaies réelles ; le florin fiit lui-même monnayé en 1559 et en 1668.
Les deux espèces de monnaies de compte , la livre et le florin, furent parfois combinées et formèrent ainsi un système mixte. A Strasbourg, on comptait beaucoup par florins, ? et h. Comme le florin = 10 /^, cette méthode avait en partie les avantages du système décimal.
Seconde Section.
Procédés.
Valeur intrinsèque et nominale. — Valeur numéraire. — Valeur de change, — Moyens de constater cette valeur. — Essai des monnaies. — Documents monétaires. — Évaluations de change. — Système de Gbrario. — Marche suivie dans ces Études.
Valeur On distingue ordinairement , dans les monnaies , deux INTRINSEQUE espèccs de valeur , la valeur intrinsèque et la valeur nominale. ^^ La première est l'évaluation du métal précieux, qu'elles renferment. La seconde indique le nom des pièces ou leur rapport avec une autre monnaie idéale ou réelle. Elle ajoute à la valeur intrinsèque les frais de fabrication et les bénéfices du seigneuriage.
Cette distinction, si claire au premier abord, présente de nombreuses obscurités. Il importe de l'expliquer et de la compléter, si Ton veut s'entendre sur une question qui exige, en définitive, une précision mathématique.