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TARIF DE FRANCFORT

les foires , surveiller le change des monnaies , proscrire les mauvaises espèces, et sévir selon l'opportunité des circonstances. A leur arrivée à Francfort, ces députés s'empressèrent de lancer une proclamation, qui, sous des peines sévères, prescrivait l'observation rigoureuse des édits impériaux ( V17 septembre). Mais ils ne tardèrent pas à reconnaître l'absurdité pratique de cet acte , et peu de jours après parut une nouvelle proclamation, qui ad mettait de nombreux tempéraments C^A/s septembre).

La même ordonnance fut renouvelée à Strasbourg, pendant la foire de Noël (51 décembre 1596 — 9 janvier 1597). Les commissaires impériaux se bornèrent à joindre au tarif de Francfort, l'estimation de quelques monnaies étrangères, que la position topographique de Strasbourg ne permettait pas d'exclure. Ce tarif portait le ducat à 110 kr., le florin d'or à 80 kr., le thaler à 72 kr., etc. etc. Les espèces non mentionnées dans le tarif, et le billon monnayé en Allemagne depuis lii94, étaient proscrits , sous peine de confiscation et de châtiments corporels.

Dans sa lutte contre la dépréciation des monnaies, le pouvoir impérial déploya une incontestable activité. Enrayer le monnayage des pièces d'appoint, interdire aux monnayeurs et aux orfèvres la refonte des grosses espèces , sévir contre l'agiotage exercé surtout par les Juifs, défendre l'exportation des monnaies allemandes , prohiber l'emploi de l'or et de l'argent pour la confection des boutons et autres ornements, rappeler sans cesse aux monnayeurs et aux wardein la gravité de leurs devoirs et la sévérité des peines qu'ils peuvent encourir; telle est la constante préoccupation des diètes monétaires de cette époque.

Mais toutes ces mesures n'étaient que des palliatifs impuis- Crise sants, capables tout au plus d'introduire quelque fixité dans de 1623. les transactions commerciales, et de retarder le dénoûment vers lequel on marchait à grands pas. L'affaiblissement des espèces ne cessait d'augmenter chaque jour. Tous les États, les uns par nécessité, les autres par entraînement ou par cupidité, se lancèrent dans cette voie. Dès les premières années du XVII* siècle , il était facile de prévoir la crise fatale, qui sévit dans toute son intensité de 1619 à 1623. La guerre de Trente ans , qui éclata vers cette époque , en paralysant la

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surveillance du pouvoir central, contribua sans doute, pour une large part, à ces déplorables excès.

Le 25 février 1623 , on fit refondre à Strasbourg des 3bàlzner de Lorraine, pour une somme de 100 fl. Leur monnayage régulier était de 20 fl. au marc fin ; on devait en retirer 5 marcs. L'affinage terminé, on ne put recueillir que 5 loths. Ces pièces n'avaient que Vie de leur valeur normale , '/ao de la valeur qu'exigeait le règlement de 1559. « On peut se figurer par là quel mal cette altération des monnaies a causé à l'Allemagne. Une guerre eût été moins funeste. »

Le contemporain auquel nous empruntons ce fait et la réflexion qu'il lui inspire , était un employé de la douane de Strasbourg, nommé Georges Klaus. Appuyé sur les ordonnances du magistrat et sur les registres de la douane, il a dressé pour les grosses espèces d'or et d'argent, de 1590 a 1623, un tableau de change qui nous a beaucoup servi, lorsque nous avons dû traiter nous-mème cette question.

Il est facile, en efl'et, de se figurer les conséquences funestes de cette crise financière : le renchérissement excessif, quoique en partie factice, de toutes les denrées ; la misère inattendue de tous ceux qui vivaient de rentes ou de traitements fixes; l'appauvrissement de toutes les institutions de bienfaisance; les pertes énormes des capitalistes dont les créances étaient l'objet de remboursements fictifs, au dixième souvent de leur valeur réelle ; des ruines imméritées et d'un autre côté des fortunes scandaleuses dues à l'agiotage et à des spéculations malhonnêtes; en un mot le déplacement immoral de la richesse publique et privée.

Selon l'usage, les populations s'en prirent aux gouvernements et les accusèrent d'être la cause de tous les désastres. On peut lire dans Friese * les plaintes amères, les récriminations passionnées de la bourgeoisie strasbourgeoise contre les membres de son magistrat. Mais l'histoire impartiale ne saurait les enregistrer sans réserve. Il se peut , il est même certain, que, parmi les dépositaires du pouvoir public, il se rencontra plus d'un homme qui abusa de ses fonctions pour exploiter la crise à son profit. Il est certain de même que la ville, comme telle, ne craignit pas de demander au billonnage

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