Neue Vaterlàndische Geschichte
des ressources blâmables. Mais il ne faut pas oublier que cette crise s'étendit à TAllemagne tout entière. Les magistrats de Strasbourg ou de Baie n'avaient la force, ni de déchaîner, ni d'arrêter, un pareil fléau.
Il y a donc du vrai dans la réponse que le magistrat de Strasbourg adressait , dans l'édit réparateur de 1623 \ à ses accusateurs. Il ne se borne pas à dire qu'il a vu ces calamités « avec un cœur profondément affligé. » Mais il a fait des efforts énergiques pour les prévenir. « Témoins les vœux qu'il n'a cessé d'émettre dans les conférences monétaires, ses communications chaque jour renouvelées avec les autres sièges du commerce et de l'industrie, les édîts sévères qu'il a plus d'une fois publiés et les punitions exemplaires qui les ont suivis. » Cette sollicitude , si elle n'a pas obtenu un succès complet, a du moins eu pour résuHat de préserver l'Alsace , pendant quelque temps, d'un mal qui sévissait dès-lors dans Tintérieur de l'Allemagne.
Une pareille résistance pouvait-elle durer toujours ? Non I Il était impossible de décrier les monnaies des États voisins, des États les plus riches de l'Empire , d'attirer sur la ville la haine et les représailles de ces puissances, de provoquer la ruine de ses foires et de ses marchés , d'entreprendre et de soutenir une lutte désespérée, dans laquelle les souverains les plus influents de l'Allemagne n'eussent rencontré qu'une défaite certaine. De toutes ces raisons le magistrat conclut donc, qu'il était forcé de céder, bien qu'il ne se fit aucune illusion sur les conséquences désastreuses de la crise, et qu'il les eût déjà signalées dans son édit provisoire du 25 mars 1620.
Il souffrait du reste si vivement de la situation, que, dès que la suspension de la guerre a permis à l'Allemagne d'entrer dans une voie plus sage, il s'est joint au mouvement. La prudence commandait peut-être, de s'entendre avec le cercle du Haut-Rhin, pour rétablir les essais en commun et la surveillance commune des Monnaies particulières. Mais ces négociations eussent entraîné des retards. Les princes et les villes de la Basse-Alsace ont préféré hâter la réforme, et la décréter dans une diétine provinciale.