‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 291 sur 391 · Strasburgische Newe Mûnt^ordnung · texte numérisé non relu

Strasburgische Newe Mûnt^ordnung

452 CII. VII. — s. IV. — MONNAIES d'eMPIRE.

Sans doute, on peut trouver quelque habileté dans la manière dont cette apologie distribue ses couleurs. On sourit, quand on l'entend parler de l'empressement que Strasbourg met à rétablir l'ordre, lorsqu'on se rappelle que, dans la Haute- Alsace, la chose était faite depuis quatre mois , grâce aux archiducs d'Autriche. Mais le fond de l'argumentation nen reste pas moins vrai et sincère.

^ORME La réforme de 1623 ne revint pas au règlement de 1559. \'^i définitivement condamné. Elle a pour base, le monnayage du '^^* marc fin à 9 Reichsthaler de 90 kr.. soit 13 '/« fl. Pour les monnaies d'appoint, le rendement est beaucoup plus considérable, comme le lecteur a pu le voir plus haut.

Il résulte de là, une tendance à multiplier ces dernières, et une certaine hésitation sur le rapport que le Change devait admettre entre elles et le Reichsthaler.

Le premier écueil fut évité par l'entente des divers États, qui limitèrent la fabrication des menues espèces. On obligea môme ceux qui avaient dépassé les bornes prescrites, à retirer cet excédent, eux-mêmes et à leurs frais, de la circulation.

Quant au Change du thaler, on n'admit pas, dans lesdeui parties de l'Alsace, la même ligne de conduite. Dans l'ancienne Confédération de la Rappenmùntz, le thaler coté à 96 kr. en 1655 , fut porté à 108 kr. en 1638. Dans la Basse-Alsace, au contraire , on resta fidèle à la réforme. Un instant, il est vrai. le Reichsthaler s'escompta à 93 (1634) et même à 96 kr.( 1657 1. mais l'ordre fut rétabli dès 1640.

Un moment devait toutefois venir où Taccord serait rompu Les haussas incessantes de l'argent fin nécessitèrent la diminution, d'abord dissimulée, puis ouverte, des espècesd'appoint L'écart entre celles-ci et le thaler n'eut plus aucune proportion avec le cours du dernier. Le fait frappait depuis longtemps tous les esprits, lorsque les cercles de Souabe, de Bavière et de Franconie constatèrent, en 1665, l'impossibilité de conserver le tarif de 16L3. Ils crurent y remédier en haussant le cours du thaler. La diète de Ratisbonne (1667) entra dansces vues et statua que désormais le Reichsthaler vaudrait 96, ie ducat 180 et le florin d'or 130 kr.

n-n Ce tarif, qui supposait entre l'or et l'argent la proportion

iNNA 1446 ne satisfit point les États du Nord , chez lesquels abondaient les mines d'argent. Ils se réunirent au couvent de

Oi,

PIED DE ZINNA 1668.

Zinna et y décrétèrent le monnayage du marc fi i à 15 ^Ia ou 16 florins. C'est ce qu'on appelle le pied de Zinna.

Le thaler conservait le cours de 90 kr., mais on en taillait 10 Vs au marc. Pour mieux dire, on cessait de le fabriquer ; mais on frappait sur cette base des Va de thaler ou pièces de 60 kr. C'est le guîdiner, que nous avons rencontré plus haut à Strasbourg et à Colmar.

Les cercles de Souabe, de Bavière et de Franconie, ainsi que les terres de la maison d'Autriche, n'acceptèrent point cette innovation. L'empereur la condamna à plusieurs reprises (1669, 1675, 1676) et en des termes fort sivères; il remit même le thaler à 90 kr. Enfin, après de longs pourparlers, il consentit, en 1680, à modifier les anciens règlements pour les espèces d'appoint. On devait monnayer le

Espèces.

G kr. (double groschen) 69 ^/„ à 8 1.

batzen loi ^/, 8

halbe batzen . . . 199 "^/j^ 7 V*

groschcn ;3 kr.; . . Ul 8

Kreutzer 275

drcier (3 <y.) . . . . .3:i0

zwcier (2 J.) • • . . 470

3heller (1 »,, a.) . . 5t8

pfcnning 720

Titre.

3 gr. 355 11»

Poids fin.

Val. int.

1 gr. 627

Ofr.37

Ofr.38 0 256

De cette manière le marc fin rapportait 13 72 A- en thalers; 13% en sechser ; 13 fl. 47 kr. en batzen ; 14 fl. 6 en groschen ; 14 fl. 40 kr. en kreutzers et 16 fl. en deniers.

Ces concessions n'étaient pas assez fortes pour rallier tous les suffrages. L'empereur n'eut pas plus de succès dans son édit de 1681, qui évaluait le thaler à 96 kr., le ducat à 210, et le florin d'or à 156 kr. (proportion 16,5). Même le pied de Zinna n'était plus capable de régulariser le monnayage des espèces d'appoint. Ceux qui l'avaient imaginé, le remplacèrent, dès 1690, par le pied de Leipsick , d'après lequel le marc fin devait produire 18 fl.

Le Reichsthaler, appelé species thaler , parce qu'il était une Pied monnaie réelle, fut évalué à 2 fl. ; le ducat à 4 fl. ; et le florin de leipsick d'or à 2 fl. 56 k. On admettait encore un thaler de 90 k. ; mais ^^^^* ce n'était plus qu'une monnaie de compte.

Le pied de Leipsick passa du Nord dans les cercles du Rhin. Ceux de Souabe, de Franconie et de Bavière, si attachés

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jusque là à Tancienne monnaie d'Empire, y adhérèrent en 1693, et entraînèrent l'empereur lui-même.

Une certaine unité se trouvait ainsi rétablie en Allemagne. Le Nord continuait , il est vrai, à subdiviser le thaler en groschen. 11 s'écartait souvent du Midi, et pour l'évaluation de l'or, et pour le monnayage des espèces d'appoint. Mais oa s'entendait du moins sur les monnaies les plus importantes; on les monnayait sur le même pied.

Nous pourrions arrêter ici cette esquisse sur la monnaie commune de l'Allemagne. La capitulation de Strasbourg avait achevé, en 1681 , la réunion de l'Alsace à la France, et provoqué, pour notre province, l'établissement d'une monnaie nouvelle. Mais les habitudes d'un peuple ne se modifient pas du jour au lendemain. Tout le commerce de l'Alsace se faisait alors avec l'Allemagne; et l'administration française, fidèle à ses habitudes de courtoisie, qui lui ont valu dans le pays des sympathies si profondes et si durables, n'y mit que rarement des entraves. Les monnaies allemandes continuèrent donc à paraître sur nos marchés, et le lecteur nous permettra d'ajouter quelque mots sur leurs destinées ultérieures. Pied de Conformément à la loi historique que nous avons eu trop CONVENTION souvcut à slgualcr, le pied de Leipsick, observé pendant plu- 1748. sieurs années, se vit ensuite exposé à des infractions plus ou moins clandestines. Il était atteint de toutes parts, lorsque en 1748 l'empereur François I" crut rétablir l'ordre, en introduisant le pied de 20 florins au marc fin. Sans touchera la valeur nominale du thaler (2 fl.), il en diminua la valeur intrinsèque. La taille fut porté à 8 pièces Va au marc, et le titre réduit de 14 loths 4 gr. à 13 loths 6 gr. En d'autres termes : poids 28 gr. 74; titre, 833; poids fin, 25 gr. 385 ; val. int. 5 fr. 16.

Ce pied, qu'on appelle Itpied de Convention, fut adopté par la Bavière en 1753, par les cercles de Souabe et de Franconie en 1761, et enfin en 1763 et 1764, par le reste de l'Allemagne, à l'exception de la Prusse, du Hanovre et de quelques p^-tites principautés du Nord. Dans les contrées où l'on comptait par groschen, comme la Saxe et la Wcstphalie, le marc se monnayait à 13 Va thalers de 24 groschen chacun. On régla sur cette base les groschen ou 5 kreutzers et leurs multiples. Les pièces plus petites étaient abandonnées à l'appréciation de chaque État.

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