‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 296 sur 391 · PROPORTION · texte numérisé non relu

PROPORTION

Ces diverses estimations supposent toujours le rapport douziènne.

La même proportion est implicitement admise par Benoît XII (1336) \ quand il fait du tournois, le douzième du florin d'or; car les deux espèces avaient même taille et même titre. Cette évaluation se retrouve dans beaucoup de chartes alsaciennes*.

Vers la même époque Nicole Oresme , dans son Traité des Monnaies ^, érige en principe « la règle de XII marcs d'argent fin pour ung marc d'or fin. » Nous avons prouvé plus haut*, que les monnayeurs de Francfort et de Strasbourg, se basaient sur cette règle pendant tout le cours du xv^ siècle. Copernic la constatait encore en 1526 , dans son opuscule sur la Monnaie *.

D'après Abot de Bazinghen, qui ne fait du reste que reproduire presque littéralement les paroles de Leblanc , la proportion douzième fut observée en France jusqu'en 1641. Il cite d'abord des Lettres Patentes de Philippe de Valois (1339), qui statuent formellement, « qu'un marc d'or fin vaudra et courra pour 12 marcs d'argent. » Puis il rappelle l'Édit de 1609, où on lit encore que « toutes les pièces d'or et d'argent se rapporteront, par une proportion douzième, de l'or à l'argent et de l'argent à l'or. i> En 1641, Louis XIII « fit faire des essais de toutes les monnaies des peuples voisins , pour connaître quelle était leur proportion. On trouva par ces essais que V Allemagne (?) et Milan gardaient la proportion douzième ;* la Flandre et les Pays-Bas, la proportion douzième et demie; l'Angleterre, la treizième et un cinquième ; l'Espagne, la treizième et un tiers. Ce qui se trouva conforme aux ordonnances de chaque Pays. On choisit, pour la fabrication des Louis d'or et d'argent, la proportion treizième et demie, peu plus. »

A partir de cette époque le rapport des deux métaux, ne

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