Préface. Édition Wolowski
5. Publié par M. Wolowski, dans son édition d'Oresme. Invenimus apud omnes gentes libram unam auri puri tantum valere quantum argenti puri libre A' II. Ajoutons toutefois que, selon le même Copernic, le rapport avait été antérieurement de XI.
460 CH. VII. — s. V. — MONNAIES d'OR ALLEMANDES.
cessa de subir des oscillations plus ou moins considérables, qu'il est inutile de consigner ici *.
Il reste donc établi, qu'avant le milieu du xvii« siècle, la proportion douzième fut la loi commune, suivie, non seulement en Allemagne, mais encore dans les contrées voisines. En calculant sur ce pied le cours probable des espèces d*or, nous serons certains de ne pas nous écarter beaucoup de la vérité.
Ces calculs présenteront toutefois , une légère exagération. Les monnayeurs du Moyen Age comparaient, non les deux métaux , mais l'argent fin en lingots à l'or fin monnayé. Ils restaient par là au-dessous de la proportion douzième. Pour exprimer notre pensée par une formule, à la fois rigoureuse, claire et précise, nous dirons :
// y avait proportion douzième entre la valeur numéraire des monnaies d'or et la valeur intrinsèque des monnaies d'argent.
Les questions de principe ainsi décidées , nous pouvons passer aux espèces d'or, qui figurent le plus communément, sur les marchés de l'Alsace.
Le florin Par sa position géographique et par ses relations commer- DE ciales avec l'Orient , l'Italie fut amenée de bonne heure à re- FLORENCE. ppendrc le monnayage des espèces d'or , suspendu par le triomphe des Carlovingiens. Venise , Gênes et Florence marchèrent à la tète de ce mouvement.
Vaureus de Florence obtint surtout une vogue méritée. Il portait d'un côté, l'effigie de S. Jean-Baptiste ; et de l'autre, une fleur de lys, armes de la ville. C'est de cette fleur que loi vint son nom Iditin Jlorenus (florin). Quand il se répandit en Allemagne, il y fut appelé la monnaie d'or par excellence, \q guide (de gold, or;. On rencontre aussi les expressions de gulden lilie (lis d'or) ou floren^er gulden (florin de Florence), cleinen gulden (petits florins) =*, qui le distinguaient des florins étrangers.
L'Église prit le florin sous sa protection, et le pape Jean XXII
1. Nous avons indiqué toutes les phases de ce rapport, pour le xvi' et le XVII' siècles, dans la section consacrée au change (p. 2o6et2o7. Nous en continuerons le tableau dans le chapitre suivant , lorsque nous parlerons des différents cours qu'obtinrent les monnaies d'or françaises.
2. Par opposition au ducat de Hongrie , qui avait un module plus grand. On donna aussi plus tard ce nom au florin du Rhin.