SYSTÈME DE LAW
publiques, il prétendait prévenir toute cherté effective. Il se croyait en état de niaintenir toujours un équilibre parfait entre le renchérissement possible des choses et la somme de la fortune sociale : une émission de billets de banque suffisait pour rendre ce renchérissement inoffensif,
Pour hâter le triomphe du papier monnaie, Law ordonna, le 21 décembre 1719 , que l'argent ne serait plus admis dans les paiements supérieurs à 101., ni Tor, dès que la somme dépassait 300 1. Les billets de banque étaient seuls reçus audelà de ce chiflfre. Ils obtenaient sur le numéraire une prime de 5 % (28, 31 janvier, 3 février 1720) , et cela au moment où les espèces n'étaient cotées qu'à leur valeur intrinsèque (22 janv.). Le papier s'élevait ainsi à un prix, que n'atteignait pas le métal précieux lui-même.
L'exagération de ces mesures prouve que la confiance s'en allait. Les millions de billets que la banque avait lancés dans la circulation, n'étaient plus en rapport avec le numéraire dont on disposait. Les gens prudents ou timides commençaient à réaliser leurs titres ; dès que ce mouvement se répandait, la catastrophe devenait inévitable.
Law essaya de Tenrayer et de soutenir le cours de ses billets. Il combla de faveurs le papier monnaie, en même temps qu'il multipliait les mesures, qui devaient rendre sa conversion en espèces onéreuse, presque impossible, pour les porteurs. Le 28 janvier, les billets obtinrent cours forcé, tout en conservant leur prime de 5 % ; et le 27 février, le paiement en billets devint obligatoire pour toute somme dépassant 100 1. Par le- même arrêt défense était faite de garder chez soi plus de 500 1. de numéraire. Déjà avait été interdit (4 février) le port des diamants et des pierres précieuses. Toutes ces prescriptions avaient pour but évident de maintenir le cours des billets, en empêchant ceux qui les détenaient, de les échanger contre des espèces ou des objets de prix.
Pour faire mieux comprendre la conduite que Lav7 suivit à l'égard des monnaies elles-mêmes , il faut en taire passer le tableau, sous les yeux de nos lecteurs.