CHAPITRE VTI. — LES TABLEAUX
Ne tenir compte que de la valeur intrinsèque, serait supprimer deux éléments, dont Tun, le brassage, est inhérent à toute monnaie, et dont l'autre, le seigneuriale, était généralement admis par les mœurs de nos pères. On ne saurait donc s'en contenter.
La valeur numéraire comprend toutes ces données. Nous ne voyons pas de quel droit nous la rejetterions, quand elle se borne à enregistrer les frais de fabrication réellement payés aux monnayeurs, sans exagérer arbitrairement la valeur du seigneuriage.
C'est donc la valeur numéraire que nous admettrons pour lespèce type, jusqu'à l'apparition du thaler.
Le thaler lui-même soulève une grave difficulté. On rencontre, en Alsace surtout, deux espèces de thalers : le Reichsthaler, dont la valeur.intrinsèque était de 5fr. 73; le thaler autrichien, qui avait une valeur intrinsèque de 5 fr. 56. Or le public ne semble avoir mis aucune différence entre ces deux pièces. La même tolérance s'étendit, après 1666, au Louys blanc, qui n'avait qu'une valeur intrinsèque de 5 fr 55.
Lequel des deux thalers adopter pour type.^ Après quelques hésitations, nous nous sommes décidé pour le Reichsthaler. C'est de lui seul, que parlent les règlements monétaires d'une portée générale. C'est lui seul, que visent les Édits de Change, sur lesquels s'appuient nos évaluations des monnaies d'appoint. Cependant, pour éviter toute exagération, nous ne l'avons compté qu'à 5 fr. 80.
L'embarras que provoquent les écus français, est d'une autre nature. Grâce aux spéculations dont nous avons rendu compte dans le Chapitre précédent, leur valeur numéraire varie sans cesse, avec le prix arbitraire que l'État assignait à l'argent fin. Ainsi le Louis blanc, dont la valeur intrinsèque est toujours de 5 fr. 55, reçoit une valeur numéraire de
5 fr
le 1" août
5fr.
le U octobre
le 11 octobre
le 1" mars
le V janvier
le !•' janvier
"le 1" février
le 1 ' août
le 1" avril
le 1" octobre
le !•' juin
le 1" décembre
le 1" janvier
le l" avril
le V avril
le 15 mai
le l*' juillet
le !•' juin