Annales vi
518 CH. IX. — s. I. — TAUX DE l'iNTÉRÊT.
« ancienne , une cause fréquente de séditions et de discordes. « La loi des douze tables défendit de prendre plus de Vii d'in- « térêt (unciario fœnore); antérieurement, le bon plaisir du « prêteur n'était contraint par aucune entrave légale. Plus « tard (v. 40Ô de Rome), à la demande des tribuns , Tintérêt € fut réduit à V24 (ad semiuncias) ; il finit par être complètement « interdit. De nombreux plébiscites furent édictés pour arrè- € ter les fraudes , qui , sans cesse réprimées, reparaissaient « sans cessée, grâce à d'incroyables subterfuges K >
Cette interdiction ne put se maintenir longtemps et, jusqu'à Justinien, l'intérêt légal fut de Vioo par mois (centesima), ou 12 % par an. Il se payait aux Kalendes de chaque mois. Mais, quelque élçvé que jfût ce taux, les usuriers réussissaient sans peine à le dépasser*. Ils prenaient le double, le triple, le quadruple et le quintuple. Justinien modifia le taux légal, et le varia selon la qualité du prêteur. Les personnes illustres, ou d'un rang plus élevé, ne pouvaient recevoir que 4 *»/o (tertiam partem centesimœ)^ les autres particuliers avaient droit à 6 '/o (semisses) ; les négociants étaient autorisés à 8 **/o (bessem centesimœ).
Les empereurs chrétiens, on le voit, abaissèrent le taux des intérêts; ils les arrêtaient, quand leur accumulation devenait trop considérable; ils abolissaient l'intérêt de l'intérêt ; mais ils admettaient la légitimité de l'intérêt lui-même. Non-seulement ils autorisaient les usures, que les parties stipulaient dans les limites de la loi, mais ils imposaient, dans certains cas, l'obligation légale deprêter à intérêt. Les tuteurs devaient placer ainsi l'argent de leurs pupilles , quand ceux ci n'avaient que des meubles, ou des fonds insuffisants pour leur entretient
Les moralistes chrétiens ont suivi les mêmes errements. S'ils repoussaient comme illicite tout profit exigé à raison du mutuum lui-même^ ils ne condamnaient pas tout bénéfice perçu à l'occasion de ce contrat. « Par cela on ne nie point, continue « la commission citée plus h lut, qu'il ne puisse se rencontrer « avec le mutuum d'autres titres, qui ne sont pas essentiels et