AU XV* SIÈCLE
le mettre à 120 fl. En 1477, un et demi florin de rente à 22 '/a fl. se trouvent ramenés à 5 ^/o par la réduction de 72 fl sur la rente et de 2 7* A- sur le capital. La même opération se fait en 1494, pour 1 fl. acheté à Riquewihr à raison de 12 fl.; le débiteur rembourse 2 fl. du capital, et la rente tombe à un demi florin, etc. etc.
Le cartulaire des Catherinettes prouve aussi qu'à la fin du xv« siècle, les villes ne payaient que 4 ^o pour leurs emprunts.. Ce couvent donne en 1493, 500 fl. à la ville de Turckheim à raison de 20 fl. de rente ; en 1494, 600 fl. à la ville de Kaisersberg pour 24 fl. de rente ; en 1488, 600 fl. à la ville de Munster pour 24 fl. de rente ; en 1456, 200 fl. à la ville de Colmar pour 8 fl. de rente. Un autre emprunt, contracté par la ville de Colmar en 1428 (60 fl. à 1200), était au taux de 5 % ; mais plus tard ce taux fut réduit à 4 Vo, et c'est sur ce pied que la ville se libère en 1513.
Les villes n'étaient du reste pas seules à jouir du taux de 4*/o. Les couvents l'obtenaient aussi ; et nous voyons * Tévêque Guillaume et le Grand Chapitre de Strasbourg, nommer une commission de Chanoines, chargée de réviser leurs dettes. Elle devait obtenir la réduction des intérêts élevés {hohen schlag) à un taux plus bas (niedern schlag)^ à 4 %, ou rembourser les créanciers qui s'y refuseraient. Nous ne connaissons pas la date précise de cette délégation ; mais elle doit avoir été faite par Guillaume II deDietsch(1394— 1439) ou par Guillaume III de Hohenstein (1506—1541), probablement par ce dernier.
De ce que nous venons de dire il résulte clairement que, si après 1400 on trouve encore des contrats plus onéreux pour les débiteurs, le taux de 5 % n'en tend pas moins à devenir la règle générale. Cette révolution économique était depuis longtemps accomplie par les mœurs, lorsque les Empereurs en firent une loi publique (1500) et la couvrirent d'une protection pénale '^