‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 357 sur 391 · LES ENGAGEMENTS · texte numérisé non relu

LES ENGAGEMENTS

S. Martin. Faute de quoi , il devait envoyer un domestique avec un cheval de bataille (cum equo bellico) à Strasbourg, dans l'auberge qu'on lui désignerait, et les y laisser jusqu'au paiement intégral de la rente. S'il ne remplissait pas cet engagement , il était responsable, sur ses propres biens, et des intérêts, et des frais que sa négligence pourrait provoquer *.

Dans les conventions de ce genre, le créancier se substitue en quelque sorte au débiteur.C'estaux Mulnheim,parexemple, que les communautés ci-dessus nommées paient directement leurs rentes. Les Ochsenstein s'efifacent complètement. On ne les voit reparaître sur la scène qu'en 1480, lorsque les villages demandèrent le rachat, ou plutôt la transformation, de cette rente. Des héritages successifs l'avaient morcelée et dispersée en un grand nombre de mains. On avait de la peine et beaucoup de frais , pour faire parvenir à chacun des ayantdroit la part qui lui revenait. George d'Ochsenstein se chargea alors de faire un emprunt unique de 2900 fl., avec lesquels il remboursa les héritiers Mulnheim.

La substitution était plus complète encore, quand un sei- L»^s gneur engageait^ en général, Tensemble ou une partie de sa seigneurie. L'engagiste prenait en main l'administration même du domaine, nommait les officiers, percevait les impôts, agissait en un mot en toute souveraineté. Il n'était limité que par le droit, que conservait le seigneur primitif de reprendre son domaine en remboursant le prix de l'engagement, et par les coutumes traditionnelles des sujets. Ces dernières étaient toujours réservées de droit commun, et souvent les chartes d'engagement les mentionnent expressément. « Il est bien entendu , dit un document de ce genre relatif aux mêmes villages (1485)^, que les habitants des susdites localités ne pourront être grevés plus lourdement en cens , rentes , redevances ou corvées, qu'on ne pourra rien changer aux charges qu'elles supportent de toute antiquité et qu'elles supportaient, quand l'Empire romain ngus les a transmises. »

Le droit de reprendre un domaine engagé pouvait, comme

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