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ENGAGE- MENTS

546 CIÏ. IX. — s. T. — TAUX DE L INTERET.

celui de racheter une rente quelconque, être l'objet de mille conventions particulières. Le gage valait plus que le prix de l'engagement; il y avait donc souvent lieu de le vendre, de le céder gratuitement ou en retour de quelque avantage, d'y renoncer pour un temps donné, de Texercer sous certaines conditions.

L'impossibilité où nous sommes d'évaluer les biens énumérés dans les chartes, ne nous permet pas d'apprécier exactement le rapport qu'on exigeait entre le gage et le capital prêté. Quelques documents nous le laissent toutefois entrevoir. Ainsi à propos d'une rente de 3 iL, que l'Oeuvre Notre Dame achète à S. Hippolyte pour 36 il., il est dit que les biens assignés en gage valent 60 U. Cette proportion ne devait guère s'écarter de la moyenne généralement admise. D'après les Rechtsquellen de Bâle, il semble que le gage devait valoir un tiers de plus que le montant de la créance.

Selon l'essence de la Rente Constituée, le gage périssait pour le créancier (acheteur). Mais plus tard les prêteurs éludèrent souvent cette condition, en stipulant que si les biens assignés cessaient de garantir leur capital, le débiteur (vendeur) serait tenu d'y suppléer.

Nous pourrions ajouter quelques détails sur les conditions auxquelles le créancier, dont les rentes n'étaient pas payées, pouvait réclamer et obtenir la saisie des immeubles qui lui servaient de gage. La législation relative aux gages meubles, à leu r détention et à leur vente, présente aussi des dispositions qui variaient selon les temps et les lieux. Mais ces digressions qui appartiennent surtout à l'histoire du droit, nous entraîneraient trop loin.

Mieux vaut terminer cette section par une considération,

qui ressort naturellement des faits que nous avons signalés,

mais qu'il est bon d'accentuer par des chiffres.

Ce Qu'iNE Supposons qu'au xii* siècle, un honnête bourgeois de Stras-

RKNTE bourg ait voulu constituera sa descendance un majorât. Pour

DEVIENT mille livres (51,600 fr.), il achetait une rente de 100 livres ou

5,160 francs. Au pouvoir qu'avait alors l'argent , ces 5,160 fr.

valaient plus de vingt-cinq mille francs d'aujourd'hui. Notre

père de famille pouvait donc croire, qu'il avait assuré pour

toujours le sort de sa postérité.

Mais les siècles passent et, avec le cours du temps, le prix

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