‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 36 sur 391 · Ils établirent aussi des ateliers à Dijon et à Genève · texte numérisé non relu

Ils établirent aussi des ateliers à Dijon et à Genève

Quelles furent fabriquées, mais ceux où fut recueilli l'argent qui les compose. C'était en effet une habitude du fisc romain, conservée par le fisc mérovingien , de jeter au creuset les contributions en argent, d'en former pour chaque endroit une masse complètement affinée , et de les livrer ainsi au trésor public *.

Mais cette coutume ne justifie en rien les conclusions que Ton en voudrait tirer. Les noms qu'il s'agit d'expliquer ne se trouvent point sur des masses^ sur des barres d'or ou d'argent, mais sur des monnaies. On conçoit que, pour faciliter la vérification des comptes, les affineurs aient pu mettre sur des barres l'indication de leur provenance. Mais pourquoi les monnayeurs en auraient-ils agi de même ?

Aussi admet-on presque unanimement la multiplicité des ateliers mérovingiens ; on ne se diviste que sur les causes qui leur donnèrent le jour.

Les uns ne voient dans ces ateliers qu'une série d'usurpations heureuses , qui , grâce aux désordres des temps et à la feiblesse des rois mérovingiens, dépouillèrent successivement la couronne d'une de ses plus précieuses prérogatives. Mais la révolte suppose la lutte, et de cette lutte entre les Monnaies particulières et l'autorité royale, l'histoire ne conserve aucune trace. La révolte engendre la confusion et le désordre ; et le monnayage de cette époque , malgré l'infinie multiplicité des ateliers monétaires , présente pour le type et la valeur des pièces une incontestable régularité : elles se rapportent toutes à un système commun.

D'autres attribuent la fondation de tous ces ateliers à des concessions royales. Ils nous montrent le pouvoir souverain se dépouillant lui même par d'imprudentes faveurs, pour enrichir à ses dépens des cités municipales , des seigneurs laïcs ou ecclésiastiques. Ici encore nous n'avons devant nous qu'une vaine conjecture. Pour l'époque mérovingienne , il n'existe aucune charte de concession d'une authenticité incontestable. Mabillon n'a pas craint d'ériger en principe, que tout document de ce genre , antérieur à Charles le Simple, devait être réputé apocryphe. Ce principe était sans aucun doute trop absolu; et Mabillon dut, plus tard, le restreindre

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