‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 371 sur 391 · CH. IX · texte numérisé non relu

CH. IX

S. II. — LES BANQUES

le rachat de la créance, s'il était pauvre, surchargé d'enfants ou de dettes, on devait user à son égard de ménagements. La commission supérieure de la Monnaie, les Obermûntiherren^ était chargée d'apprécier les circonstances, et restait maîtresse d'accorder toutes les concessions que la nature des faits semblerait exiger.

Comptes Grâce à l'emploi simultané de toutes ces mesures, la Mon- DE naie se releva rapidement. Dans les dix huit mois qui pré- 1632 A 1670. cédèrent les comptes de 1625 (2 mai), elle était tombée si bas que, si les employés de la banque avaient été réduits à leur salaire légal, ils n'auraient touché que 24 U. chacun ou 150 fr. La chambre des XV leur alloua 600 ^., à chacun 150 U, ou 1160 fr. C'étaient les deux tiers du revenu tolal de la Banque. Dés 1626, on constate une amélioration très-sensible ; msiis en dépit de tous les efforts, la Mûntz ne retrouva plus sa prospérité passée. On en jugera par le tableau suivant :

Année.

Acdf.

Profits

tf. 15

OU 895,035 fr.

3037 lÛC 16 a. 4 /». OU 23,485 fr.

lOVt

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i»Vî

Ce qui frappe dans ces chiflFres, c'est le peu de rapport, qui se rencontre entre les bénéfices de la Mùntz et son capital. Celui-ci est encore considérable, il est même plus considérable

qu'autrefois pendant plusieurs années. Mais les profits ne s'élèvent guère au-dessus de 2 ^o, et restent parfois au-dessous de 1 Vo. Il n'est que de 0,60 % en 1668, de 0,74 Vo en 1670.

Plusieurs circonstances se réunissent pour expliquer ce fait. Grâce surtout à la guerre de Trente ans, la ville semble être devenue le principal débiteur de la Mûntz. En 1638 (6 août), celle-ci est autorisée à conclure en son nom un emprunt de 100000 fl. (360000 fr.), à 5 et 6'>/o, dont les intérêts seront servis par le Pfennigthurm. Quelque temps après (26 octobre), elle rembourse les capitaux empruntés par la Kriegscasse (caisse de la guerre) à 6, 7 et 8 Vo, à moins que les créanciers ne consentent à la réduction de leurs intérêts. En 1651, lorsque la ville fiit imposée à 11700 fl. par suite de l'aflfaire de Frankenthal, c'est la Monnaie qui est chargée d'avancer cette somme. Des opérations de ce genre pouvaient augmenter le capital de la Monnaie ; mais elles n'ajoutaient rien à ses revenus. Elles avaient, en outre, deux inconvénients graves. La MUnt:[y forcée de contracter subitement des emprunts considérables, passait par des intérêts élevés et acceptait toute espèce de prêts. En temps ordinaire, elle n'avait guère que des rentes perpétuelles ibestdndig)\ mais sous l'empire de besoins pressants, elle était obligée de se départir de cette règle. De là, moins de liberté d'action. En 1643, par exemple, cinq déposants lui réclamaient le même jour (26 mai) le remboursement de leurs créances, soit 11933 fl. ou 45942 fr.

Les avances faites par la Miintz {ansorgsgeschàft) se distinguaient en trois catégories :

Les meilleures étaient celles qui se faisaient contre des gages en or ou en argent. Elles pouvaient cependant occasionner encore des pertes. Ainsi en 1658, on rend à l'abbé d'Altorf pour 165 fl. sa crosse, qu'il avait engagée depuis vingt un ans pour 161 fl. 6 ?. C'était, il faut l'avouer, un placement peu avantageux.

La seconde catégorie avait pour gages des titres sur le Pfennigthurm. Ces sortes d'avances avaient été autorisées le 16 novembre 1622. Elles se faisaient pour les Vs du capital nominal. Plus tard cette base fut modifiée, et, en 1651, on ne donnait plus que 70%. Il était instamment recommandé aux officiers de la Monnaie de ne pas laisser les intérêts s'accumuler pour de pareilles créances.

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