SUPPRESSION DE LA BANQUE
Le grand commerce, la grande industrie, y suppléèrent sans doute à l'aide des banques particulières. Mais les petites gens furent privées de la ressource que leur présentait la Mûnt\ municipale. Il leur fallut revenir aux prêts à la petite semaine et subir de nouveau la charge des gros intérêts.
Ce ne fut que dans la seconde moitié du siècle dernier, que l'on songea sérieusement à remédier au mal.
En 1750, un nommé Claude Schaeffer, bourgeois tailleur,proposa la création d'un Lombard, qui devait avoir le monopole des prêts sur gages mobiliers. Il demandait que l'argent des mineurs y fut déposé à 4 ^o- Le Lombard prêtait lui-même au taux de 6 d. par florin et par mois. C'était un intérêt trèsélevé(l'j **/o). Cependant le pétitionnaire le représente comme fort avantageux pour les emprunteurs, desquels on exigeait d'ordinaire 2 sols pour le même capital, soit 60 **/o par an. La proposition fut repoussée comme trop usuraire.
En 1773, le sieur d'Ailly reprit la même idée. Il voulait la fondation d'un Mont-de-Piété, dont les profits seraient consacrés à l'entretien des enfants trouvés. Il comptait réaliser un bénéfice annuel de 40000 livres. Ce projet fut encore écarté. On se refusait à faire du bien aux enfants trouvés, aux dépens des pauvres emprunteurs, et cependant il paraissait impossible de rendre l'entreprise rémunèratoire, sans frapper ces derniers.
La question fut de nouveau agitée en 1778. Louis XVI, en approuvant le Mont-de-Piété de Paris, venait d'exprimer le désir de voir l'exemple de la capitale suivi par les grandes villes de la province. Après de longues discussions, le magistrat de Strasbourg fit rédiger un projet de lettres patentes, qu'on soumit en 1785 à la sanction du roi. Le nouvel établissement avait sans doute plus d'un rapport avec les opérations de l'ancienne Muntz. Mais il n'avait plus le caractère d'une banque industrielle et commerciale.
Mont
I»E PIÉTK.
Le Wexel ou Change municipal de Strasbourg, n'eut qu'une existence fort courte. Vingt années lui suffirent pour soulever les malédictions des bons Strasbourgeois. Il commença par l'oppression des particuliers, et aboutit à la ruine du trésor public. Voici en quels termes la Chronique de Trausch an-
Wexel