‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 377 sur 391 · LE WEXEL DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

LE WEXEL DE STRASBOURG

monnaies n^lsches étaient interdites d'une manière absolue. Quiconque en recevait, bourgeois ou étranger, devait les porter immédiatement aux bureaux du Change municipal , où elles étaient acceptées au poids.

On organisa en même temps une nouvelle banque de dépôt Son et de prêt. Dans ce but, on vota un fonds de 100000 fl. ^"^^^f"^'^"^" (430000 fr.), dont la moitié fut immédiatement versée par le trésor entre les mains des Wexelherrn. Ceux-ci n'ont aucune responsabilité pour les cas fortuits (guerres, incendies, naufrages , vols) ; mais ils s'engagent solidairement à n'accepter aucune mauvaise créance, et si l'on éprouve quelque perte, dans la refonte des espèces, ils doivent s'associer à cette perte, en proportion de leur part aux bénéfices. La ville est seule responsable vis-à-vis des déposants.

Quant au salaire des Changeurs , on avait d'abord voulu le fixer au 5% ou, en cas de refus, au 4^ denier des bénéfices, en se réservant la faculté de le réduire plus tard ; en même temps, on demandait un intérêt de 5 % pour le capital avancé par le trésor. Mais après discussion , les Changeurs consentirent au 5* ^., à condition que les avances de la ville seraient gratuites.

La nouvelle organisation fonctionnait à peine depuis quelques mois, que des réclamations éclatèrent de toutes parts. Les États de l'Alsace se plaignirent du Change, dans leur assemblée provinciale. Les prédicateurs de Strasbourg tonnèrent contre lui du haut de la chaire. Pour faire droit à ces doléances, on admit quelques réformes, qui nous font connaître l'objet des griefs soulevés par les Changeurs. Il fut statué (21 décembre 1595), que si Ton s'adressait à eux pour obtenir de la monnaie , ils devaient observer l'édit d'évaluation de 1593. Si au contraire on venait échanger de la monnaie contre de grosses espèces , ils étaient aiitorisés à prendre en sus du tarif, 2 d, par pièce d'argent, 2 8, par pièce d'or de 3^.(25 fr.), 4 à. par pièce d'or plus considérable. Les dolchen de Lorraine, devaient être reçues à raison de 5 pour 1 /^ , il était défendu d'en réclamer un change supérieur au dixième denier.

Les comptes de 1595 — 1596, ne nous sont point connus. Ceux de l'année suivante présentent un bénéfice total de 7497 fl. 2 pi. 11 h. (32000 fr.), sur lesquels la part de la ville est de 5996 fl. 7 pi. Les Changeurs s'excusent de ce résultat, inférieur, à ce qu'ils disent, à celui delà campagne précédente.

574 CH. IX. — s. II. — LES BANQUES.

Cette diminution tient surtout à ce que les États ont suspendu le monnayage des monnaies d'appoint. Le Change se trouve privé, par là, des profits que lui assurait la refonte des espèces décriées.

Il est plusieurs fois question, dans le cours de cette année 1597, de la suppression du Wexel. On le maintient toutefois, parceque les causes qui avaient provoqué son établissement subsistent toujours. S'il était fermé, des particuliers reprendraient Taccaparement des espèces françaises , pour les convertir en thalers à Ensisheim.

Gambs et Trausch furent remplacés, comme Wexelherren (l'^août 1597), par Matthis Karcher et Jean-Georges Kips. Ce changement provoqua quelques modifications dans l'organisation du Change. Les avances de la ville furent réduites à 50000 fl., payant un intérêt de 5 %. En compensation, les Changeurs obtinrent, pour salaire, les % des bénéfices. Il leur était défendu de travailler avec leur propre argent, de s'associer à des étrangers, de se faire des prêts les uns aux autres. Chacun est responsable pour les opérations qu'il signe. En cas de désaccord, ils doivent en référer aux XV.

En 1598 , le Change suspend complètement la fabrication des espèces. Il rembourse à la ville les 50000 fl. qu'il avait encore à titre d'avances, pour ne plus travailler qu'avec les fonds des déposants. Le magistrat lui défend de faire des prêts * à de petites gens , à des tailleurs , à des cordonniers, etc. à 8 °/o, ce qui le fait décrier ; il ne doit prêter qu'à des négociants (handelsleuten), » Lui-même, du reste, empruntait à ce qu'il paraît, à ce taux élevé de 8 ^o; car un arrêté spécial intervient pour le lui défendre. Les profits montent cette année à 15515 fl. 4 pi. 5 h., près de 66000 fr. Sa Les comptes du mois d'octobre 1599, nous donnent le bilan

complet du Change. Son passif comprend :

en capitaux fixes ibestdndig) 99,926 fl. 13 pi. 4 h.

en capitaux dénonciables par les deux parties . 198,380

en une autre série de capitaux analogues . 188,674 13 i

en rentes échues 15,930 8 4

Page 1