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STRASBOURG MONNAIE DES FLORINS d'oR. 53
d'avoir toute l'importance que Schœpflia et ceux qui l'ont suivi n'ont pas hésité à lui attribuer. « Le procès fut terminé, dit YAlsatia illustrata *, lorsque la ville obtint de l'Empereur, tn \SŒ , \t plein droit de monnayer l'or et par suite toute espèce de monnaie. »
Cette interprétation est complètement fausse. La charte de Portée des 1506 autorisait Strasbourg à monnayer des florins d'or , et privilèges cela d'après un type prescrit. Voilà tout. Conclure de là au impériaux. droit de monnayer toute autre monnaie d'or ou d'argent, serait abuser singulièrement des termes, et méconnaître la jurispinidence alors universellement admise sur le droit régalien de la Monnaie.
Pour prouver notre thèse, nous n'entamerons point de discussion juridique : terrain toujours hérissé d'arguties et de subtilités. La voie historique est plus facile et plus sûre. Il nbus suffira de citer les aveux que nous rencontrerons dans les Protocoles de la Chambre des XV.
Signalons d'abord l'attitude équivoque des Strasbourgeois vis-à-vis de la monnaie d'Empire.
Cette monnaie fut créée vers le milieu du xvi« siècle. C'étaient le thaler^ le guldenthaler et leurs subdivisions. Le titre, la taille et le type de ces nouvelles espèces furent réglés dans des diètes générales, et imposés à tous les ateliers monétaires. En outre, comme on cherchait à éluder les règlements pour les pièces d'appoint, il fut statué à Spire, en 1570, que ce monnayage serait suspendu , à moins d'autorisation spéciale, et que pour les grosses espèces, elles devaient être marquées partout de l'aigle impériale.
Strasbourg, en sa qualité de ville libre, se trouva blessé par ces prescriptions. Ses députés furent blâmés de n'avoir point protesté contre les décisions de la diète. Mais comme on n'osait affronter ouvertement l'autorité impériale , on se tint sur la réserve, t Depuis cette décision, nous dit la chronique de Trausch , le sénat ne monnaya plus que des d. , des pièces del, 2, 3, 6 Kreutzers. Les deux dernières espèces, appelées plappert et schilling grossen^ servaient au sénat de jetons de présence. Ces diverses monnaies conservaient ,
1. T. II. p. 320. Cum an. 1508 aureœ , adeoque omnis monetce cudendœ, plénum jus civitas obtinuisset a Ccesare,
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comme d'antiquité, le lys et la croix. Quant au florin d'or , on s'en tint à la teneur du privilège qui n'exigeait point l'aigle '. >
Même les pièces de 1 et 2 Kr. portaient les noms locaux de ^{jpeyling (2 S,) et étvierer (4 ^.). De la sorte la ville de Strasbourg avait l'air d'être complètement en dehors du monnayage de l'Empire, et ne se fesait point représenter aux diétines qui étaient chargées de le contrôler.
S'il se rencontre quelques thalers fabriqués à Strasbourg pendant cette période, avec une effigie particulière, ces produits, d'ailleurs très-rares, avaient le caractère de médailles, de SchaumUnt^eriy plutôt que celui de monnaies proprement dites. En 1578(7 juin), on refusa de monnayer cent thalers strasbourgeois pour le compte de Frédéric de Hohenlohe , qui les destinait à un cadeau, sous prétexte que cela pourrait attirer des désagréments à la ville *. Les conseillers le craignent t parce que nos seigneurs se sont feit excuser jusqu'ici aux diètes de contrôle, en disant qu'ils ne monnaient que des^. et les espèces nécessaires aux appointements des sénateurs. »
En 1592, on résolut d'émettre des thalers carrés, une monnaie obsidionale, contresignée par l'évêque et le Chapitre, plutôt que de s'exposer aux poursuites du fiscal de l'Empire, par une fabrication de thalers ordinaires, qui ne seraient pas entièrement conformes aux prescriptions légales.
En 1601 , cette question de type donna lieu à un autre incident qui mérite d'être noté. D'après le privilège de 1508, le florin d'or devait porter d'un côté : un petit globe surmonté d'une croix avec la légende : Nummus aureus urbis argentinœ; au revers, la Vierge avec l'enfant Jésus et la légende : Urbem virgo tuant serva. Aux pieds de la Vierge était placé l'écusson aux armes de la ville. Après la réforme le mot Virgo fut remplacé par celui de Christe.
1. Hat auch ein Rath nicht mehr gemûnt:{t aufsolchen Abschied als a., 1, 2 und 5 Kreut:{er oder plappert und 6 Kr. oder schilling gross :(um gebrauch des Rathsgeld, und dieselben wie von allers hero mit der gilgen und Creuti^strossen. Cette chronique , en 3 vol. in-folio, a péri , avec les autres richesses historiques de la Bibliothèque de Strasbourg, dans le bombardement de 1870. Elle allait )usqu'en 1633.
2. So man dent Grafen willfahren wolt^ gemeiner Stadt rvohl ein nachtheil daraus entstehen mocht , dieweil meine herren sich bit:{har auff den probationtagen entschuldigen lassen, dos sx nichts dann pfenning, und was den Rathsherren \u besoldung aus{ugeben^ mùnt^^en. Chambre des xv.