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DERNIÈRES DESTINEES DE LA MONNAIE DE STRASBOURG

frais. Plutôt que d'en passer par là , il préférait supprimer la Monnaie elle-même

La ville s'alarma de cette perspective. Le stettmeister de Dietrich fit un mémoire, dans lequel il s'étend sur les services rendus par cette Monnaie au commerce et à l'État.

En 1736, l'Allemagne avait décrié au dessous de leur valeur réelle, des carolus, des demi florins, des Kopfstûck, etc., dont on avait altéré le titre réglementaire. Les banquiers de Strasbourg profitèrent de cette dévaluation; ils accaparèrent les espèces décriées, pour les convertir en monnaies fi-ançaises. Ils réalisèrent de ce chef de 1736—1738 plus de 400 000 1. de bénéfice, qui leur auraient échappé, s'ils n'avaient pas eu l'atelier de Strasbourg à leur disposition.

Après cet argument, plus concluant peut-être pour le banquier Dietrich que pour le gouvernement français, notre stettmeister rappelle que pendant la guerre de succession dAutriche, la Monnaie de Strasbourg avait pourvu à tous les besoins des armées d'Allemagne et de Flandre; elle leur fournit en cette occasion plus de 150 millions. « Mais c'est pendant la guerre de sept ans que la Monnaie de Strasbourg a rendu les plus grands services à l'État. . . Le total de ses remises. . . doit avoir passé 250 millions. Aussi malgré tous les revers que la France avait éprouvés , l'armée est constamment restée dans l'abondance. » S'il avait fallu monnayer à Metz, on aurait eu à supporter une perte sensible de temps, des frais de transport, des risques de toute espèce.

En même temps des négociations furent entamées et, après quelques mois de pourparlers, se terminèrent,comme toujours, aux dépens de la cité. Elle racheta pour 8000 1. le moulin qu'elle avait autrefois cédé gratuitement; et l'administration consacra cette somme à construire , à Tintérieur même de la Monnaie, un moulin à chevaux.

Ce qui n'était qu'une menace en 1775, devint une réalité vers 1789, par suite de circonstances que nous n'avons pu découvrir. Le fait nous est révélé par une pétition adressée à Necker le 31 oct. 1789. Dans ce document , inspiré par les oflBciers de la Monnaie et rédigé après consultation des échevins, la ville demandait la nomination du directeur et le « rétablissement de la fabrication des espèces, suspendue depuis quelques années dans cet hôtel. »

CH. II. — S. I. — ATELIERS DE LA BASSE ALSACE

Le ministre répondit par une Proclamation du Roi (24 nov. 1789) qui décrétait la réouverture de la Monnaie, et chargeait la municipalité de nommer « incessament, à la pluralité des suffrages, une personne capable et instruite pour exercer, provisoirement et jusqu'à ce qu'il y soit autrement pourvu , les fonctions de directeur et trésorier particulier de la Monnaie.»

La municipalité de Strasbourg s'empressa de déférer à ce mandat. Elle mit à la tête de la Monnaie le sieur Reiset, syndic de Rosheim;puis un orfèvre, nommé Stuber. Cette mission eût été un triomphe pour Tancien magistrat de Strasbourg, s'il lui avait été donné de l'exercer lui-même. Mais il n'existait plus depuis plusieurs mois. La municipalité qui l'avait remplacé, ne songeait guère à faire revivre les anciens droits régaliens de la ville. La centralisation moderne achevait alors ses conquêtes, et fesait passer son impitoyable niveau sur celles-là même de ses franchises, que Strasbourg avait conservées jusque là.

Chatenois,

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