‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 51 sur 391 · V. Op, cit, n« loO · texte numérisé non relu

V. Op, cit, n« loO

LES ÉYÊQUES MONNAIENT A MOLSHEIM. 67

faisaient investir, se contentaient des droits utiles et honorifiques qu'ils conféraient.

Ce qui est certain, c'est que si les évêques monnayèrent à cette époque, ils ne le firent que d'une façon tout-à-fait exceptionnelle. Il semble même que ce fut pour empêcher cette abstention de leur porter préjudice, qu'ils sollicitèrent de plusieurs empereurs, notamment de Henri VII et de Charles IV (1348 et 1373), la confirmation de leurs droits monétaires. Tel est du moins l'objet explicite d'une charte, qu'ils obtinrent de Maximilien I le 23 juillet 1513 *.

Enfin en l'année 1570 (10 novembre), ils reçurent de Maximilien II une nouvelle charte de confirmation, qui leur reconnaissait f le droit d'ouvrir une Monnaie , quand ils le voudraient, et dans toute villeou tout château de leur principauté qui leur conviendrait, et d'y frapper toutes les espèces d'or et d'argent, > en se conformant toutefois aux règlements impériaux de 1559 et de 1566*. La même année, Tévêque Jean prenait pour mûntzmeister Wilhelm Over de Mulheim.

Le travail de fabrication ne commença toutefois qu'en 1573. Ils Ce n'est qu'en cette dernière année, qu'Over et le jpardein, monnaient Georges Kobehaupt , prêtèrent serment et fournirent jeur^ **^^®"^'*** cautionnement. C'est aussi en 1573 qu'un rapport présenté à la Chambre des xv, nous montre les ouvriers de Strasbourg quittant l'atelier de la ville, pour se rendre à la Monnaie épiscopale nouvellement établie à Molsheim.

Cet atelier déploya une assez grande activité jusqu'en 1579. En cette année, ses Zehener et ses demi-batzen furent l'objet d'une condamnation sévère. On les mit au bande l'Empire, et un procès fut commencé contre l'évêque de Strasbourg. Celuici, frappé de stupeur , interrompit aussitôt son monnayage, comme il l'indique lui-même dans une lettre adressée au comte palatin, qui lui avait recommandé un graveur (1580). L'empereur désarmé par cette soumission, suspendit les poursuites.

1. Dos ihnen, denen h. Bischoffen :{u Strasbourg , die Nitbrauchung und StUlstand an denselben Ihren frexheiten jfw ewigen \eiten ohnabbrûchig, oknnachtheilig und ohnschâdlich sein solle,

2. Arch. Bas-Rhin, G. 482. Wann und fw was ^eiten S. Andacht gefdllig, in derselben Fûrstenthumb, herrschaften, Stdtten und Schlôssern, ivelche sie i3T\u fûrnehmen, ein mûntistatt uffrichten und darinnen allerley :{ugelas- Kner Mûnt^sorten in gold und silber. . . vermûnt:{en s^u lassen mag.

68 CH. II. — s. I. — ATELIERS DE LA BASSE ALSACE.

A SAVERNE. L'oHige passé, Tévèque reprit la fabrication des espèces, non seulement à Molsheim , mais encore à Saverne. On ne sait rien de précis sur l'origine de ce dernier atelier, qui était installé dans un local fourni par la ville K L'évêché y plaça, en 1588, Henri Zisler de Sollfeld, qui, d'après la lettre de recommandation qu'il avait reçue du comte palatin , a dû succéder à un autre Mûntzmeister, emporté par la mort. Zisler) travailla à Saverne avec pinq ouvriers, du 31 oct. 1588 au 20 mai 1591. A cette dernière date, il fut appelé à diriger l'atelier de Molsheim, et on lui conserva les mêmes fonctions par une nouvelle convention, en 1596.

A Saverne , Zisler avait été remplacé par un bourgeois de cette ville , nommé Adolph Stotelus. Celui-ci déploya beaucoup d'ardeur et développa son atelier. L'évêque Charles, cardinal de Lorraine, en contractant avec lui, en 1601, un nouveau bail de 9 ans, lui accorda une somme de mille livres strasb. pour l'établissement d'un moulin à monnayer, pourvu d'un moteur hydraulique. Mais son monnayage , comme du reste celui de la plupart de ses contemporains , ne demeura pas à l'abri de tout reproche. En 1604, les princes du Rhin décrièrent ses dicke (6 batzen) et les mirent à 4 V2 batzen. En 1607, les États de la Haute-Alsace frappèrent à la fois ses trois Kreutzer et ses dicke ^ abaissèrent les premiers de Vn^I^s autres de V16. Stotelus avait pris sa Monnaie à ferme pour un canon annuel de mille florins. L'intérêt personnel le poussait donc à l'affaiblissement des espèces.

L'atelier de Saverne fonctionnait encore en 1629 ; mais il fut sans doute fermé, lorsque la Monnaie de Molsheim, qui semble avoir chômé pendant plusieurs années , se rouvrit en 1630. Celle-ci reçut alors, pour mûntzmeister, Hans Rugke ; et pour essayeur, l'orfèvre Daniel Vix.

En 1631 , le maître monnayeur de Strasbourg, Jean Hermann, dirigea pendant quelque temps la fabrication de Molsheim. Mais la ville de Strasbourg, avertie du fait , lui intenta un procès. On lui reprocha d'avoir employé au service de l'évêque l'outillage et l'argent de la ville ; d'avoir fabriqué, à Strasbourg même, plusieurs milliers de ducats aux armes de l'Évêché. Il dut renoncer à sa place de Molsheim et payer une amende ! de 400. thalers.

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