‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 52 sur 391 · OBERKIRCH · texte numérisé non relu

OBERKIRCH

ET GUNZBURG.

A SAVERNE. — A OBERKIRCH ET GUNZBURG. — ANDLAÛ. 69

Le monnayage de Molsheim n'en continua pas moins jusqu'au jour (prob. 1674), où l'administration française supprima toutes les Monnaies particulières. Les évêques y avaient même joint, en 1639, l'atelier de Guebwiller, tombé en leur pouvoir avec l'abbaye de Murbach.

Eq 1687, l'Évêchè sollicita de la cour de France le droit de rouvrir ses ateliers d'Alsace. Mais on lui opposa le refus le plus formel, en lui conseillant toutefois de monnayer dans ses domaines d'Allemagne,

Il n'avait pas attendu ce conseil pour recourir à l'expédient ^

qu'on lui suggérait. Avant 1682 une officine épiscopale avait été établie à Oberkirch, sur la rive droite du Rhin. Fermée plus tard par la guerre, elle fut réorganisée en 1759. Elle devait, à cette dernière date, émettre des espèces d'or (à 22 k.) etd'argent (1 1 ^.), sur le pied français. Cette tentative rencontra en Allemagne une vive opposition. En vain Louis Constantin de Rohan essaya-t-il de justifier sa conduite par un Mémoire imprimé ^ Le cercle de Souabe décria ses pièces ; et, comme elles étaient de meilleur aloi que les monnaies allemandes, elles ne tardèrent pas à disparaître. Le cardinal de Rohan suspendit son monnayage. Il le reprit plus tard à Gùnzburg (1773), mais en se conformant cette fois au pied de convention, qui venait d'être adopté pour l'Empire.

Les évêques de Strasbourg dépossédés de leurs droits monétaires, comme seigneurs de l'Alsace, les conservèrent ainsi jusqu'à la Révolution, comme membres du corps germanique. Ils prirent part en cette qualité à la conférence d'Augsbourg (1760), se firent représenter par le conseiller Charles- Henri de Vagner à la diète de Francfort, et intervinrent plusieurs fois , notamment en 1778 , dans la nomination des mrdein fédéraux, chargés de maintenir l'unité de monnayage entre les différents États de l'Allemagne.

La Basse Alsace renfermait , en dehors d'Altorf, diverses abbayes qui jouirent du droit de battre monnaie , mads nous ne possédons sur leur monnayage que des données vagues ou incomplètes.

Andlau ne reçut aucune concession directe. Le droit de

1. Kurt^gefasjte déduction ûber die denen jeweiligen h. Bischôffen ^u Stras^burg competirende Mùnt:^freyheit. ijSi.

Andlau.

CH. II. — S. I. — ATELIERS DE LA BASSE ALSACE

battre monnaie, est même formellement excepté dans la charte que lui accordait Tempereur Henri II, en Tannée 1004*. Ses anciens livres saliques revendiquent toutefois cette prérogative. Elle était sans doute attachée, comme divers autres droits de souveraineté, à la possession du Stadelho/de Marlenheim, célèbre villa des rois mérovingiens. Rien ne prouve que ce monastère en ait jamais usé.

Mar- Les anciens statuts de Marmoutier lui reconnaissent le droit

MouTiER. ^ d'établir les changements (mutationes) de la monnaie, ou de les céder en fief*.» Ne s'agit-il, dans ce texte, que d'opérations de change , ou bien implique-t-il le droit de modifier, soit la forme, soit la valeur des espèces? Ce dernier sens nous paraît de beaucoup le plus probable. Mais l'absence de documents certains ne nous permet pas d'aflSrmer davantage.

Brumat. L'abbaye de Lorsch qui avait reçu la villa de Brumat à la fin du x« siècle, obtint en l'an 1000, de l'empereur Othon III, d'y établir * « une Monnaie , avec tous ses profits. . . à condition d'y frapper de bons deniers. » Rien ne nous édifie sur les conséquences de cette concession.

Sels. Nous possédons des renseignements plus complets sur le

monnayage de Sels. L'empereur Othon III f993) reconnut à cette abbaye, « un marché et une monnaie publique, marquée de l'effigie des monnaies de Strasbourg et de Spire , parce que Sels, placé sur la fi-ontière (de ces diocèses), est fréquenté par tous ceux qui montent ou descendent le pays , et qu'un marché et une monnaie y sont nécessaires, tant aux étrangers qui y affluent en foule, qu'aux habitants mêmes de la contrée *. » En l'année 1143, Conrad II renouvela ce privilège à la demande de l'abbé, dont les monnaies avaient été interdites dans le diocèse de Strasbourg par l'évêque Burcard. Il y est statué de nouveau que les monnaies de Sels « porteront l'effigie et l'inscription des deux cités épiscopales, sans aucune diminution ni dans le titre ni dans le poids des espèces *. >

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