A BOUXWILLER
batzen de ce prince furent à leur tour Tobjet d'essais analogues, et on ne les accepta que par tolérance
En 1665 (15 mars), le monnayeur de Strasbourg, Jean Casimir Hermann, fut autorisé à accepter la Monnaie de Bouxwiller qu'il devait ensuite laisser à son fils. Mais si la combinaison fut mise en pratique , elle ne dura pas longtemps. Nous trouvons à Bouxwiller , en 1668 , Jean Brettmacher, comme monnayeur; et Sébastien Muller, comme nfardein. Le monnayeur de Haguenau, Georges Hartman Plappert, y figure en 1672. Nos renseignements s'arrêtent à Tannée 1673.
On rencontre il est vrai, en 1684 (14 février), un arrêté de la Chambre des xxi de Strasbourg, qui proscrit les demibatzen que venaient d'émettre les Hanau-Lichtenberg. Mais il est probable que ces pièces , ainsi que quelques autres qui datent de la même époque , ont été monnayées hors de l'Alsace.
Seconde Section.
Les Ateliers de la Haute Alsace.
Droits de l'évêché de Bâle, — Leur origine, — Leur portée, — Résistances qu'ils soutient — La ville de Bâle obtient la Monnaie. — Ligues monétaires. — Confédération de la Rappenloâittz. 1403. — Ses démêlés avec le pouvoir impérial. — Bâle monnaie des florins d'or. — Rupture de la confédération. 1584. — Destinées postérieures de la Monnaie bâloise. — Atelier de Murbach à Guebwiller. — Lucelle. — Les comtes de Ferrelte. — Les Ribeaupierre. — Bcrgheim. — Colmar. — Les archiducs d'Autriche, — â Thann, — à Ensbheim. — Mulhouse.
Les destinées de la Monnaie bâloise ont plus d'une analogie Droits de avec celles de la Monnaie strasbourgeoise. lV.vêché dk
On y travaille d'abord avec l'effigie impériale, l^es collée- ^^'^''" tions renferment de nombreuses bractéates que les numismatistes revendiquent pour Louis le débonnaire (814 — 840), Conrad de Bourgogne (937—993), Henri II (1002— 1024) et Conrad II (1024 -1037)'.
1- V. surtout Meyer, die Bracteaten der Schwei:{. Zurich. 1845. etOrote, iàyn:istudien.
82 CH. II. — s. II. — ATELIERS DE LA HAUTE ALSACE
D'après Wursteisen et les historiens qui Font suivi , les évoques de Bâle n'auraient obtenu le droit de battre monnaie qu'en l'année 1149. Il existe en efifet une charte de cette époque , par laquelle l'empereur Conrad III a paru octroyer ce privilège à l'évèque Ortlieb. Voici comment s'exprime ce prince. « Par un don de Notre Royale Majesté , le susdit évêque — et après lui ses successeurs — marquera la monnaie bâloise dans sa cité d'une manière spéciale et d'un coin particulier, en sorte que personne n'ait le droit de l'imiter au dehors de la cité épiscopale, dans toute l'étendue du diocèse *. »
Mais nous l'avons déjà remarqué , l'historien ne doit pas se hâter de voir des concessions proprement dites , même dans les chartes qui paraissent accorder en termes précis des prérogatives nouvelles. M. Morel-fatio a fait la même observation à propos du document que nous avons sous les yeux. « Tous ceux, dit-il, qui se sont occupés de la Numismatique du Moyen- Age , connaissent la valeur de ces sortes de concessions , et en particulier de celles de Conrad et de Frédéric Barberousse , qui, par un calcul souvent répété depuis lors jusqu'à nos jours, et pour sauver au moins en apparence l'autorité impériale compromise par d'antiques usurpations, affectaient d'accorder des droits et des privilèges depuis longtemps envahis *. >
Ici cette remarque est superflue. On a beau lire et relire les paroles que nous avons rapportées, on ne saurait y découvrir la prétention d'accorder une concession quelconque de monnayer. Il n'y est question que de l'effigie qui sera gravée sur les monnaies bâloises.
Le lecteur qui se rappelle les chartes que nous avons citées à propos de Sels et de Wissembourg , sait que ces abbayes étaient , au xii« siècle , non pas autorisées, mais obligées à mettre sur leurs monnaies les effigies des monnaies épiscopales de Spire ou de Strasbourg. C'est la disposition contraire que sanctionne , pour Bâle , le texte de Conrad III. Il interdit de
1. Trouiilat, Monuments de V ancien évéché de Baie, 1. 1. |p. 314. Mone^ tant quoque Basilienssm supradictus episcopus, et omnes postmodum succès^ sores ejus , ita specialiter et singulari impressione in civitate sua obtineat\ dono régie majestatis nostre , ut nullus, extra civitatem^ in episcopatu su6\ eam imitetur.
2. Monnaies suisses de la trouvaille de S. Paul. Blois. 1850.