‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 63 sur 391 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

DROITS DE l'ÉVÊCHÉ DE BALE. 83

reproduire TeflSgie que les évoques de Bâle feront graver sur leurs espèces.

Cette interdiction implique-t-çUe la défense de conserver ou d'établir , dans le diocèse de Bâle , des ateliers monétaires distincts de Tatelier épiscopal ? Se borne-t-elle à imposer à ces ateliers indépendants des effigies différentes ? Voilà les seules questions que puisse soulever la charte de 1149. L'évèque n*y obtient pas la monnaie bâloise ; on lui accorde, ou on lui confirme, le droit de la marquer d'une empreinte particulière, que personne ne pourra reproduire. Il ne s'y trouve pas la moindre allusion à une concession nouvelle du droit de battre monnaie.

Personne ne s'étonnera donc si dans une charte de confir- Leur mation qu'il donnait aux évêques de Bâle en 1146, le pape Eugène III leur attribuait la monnaie dans les termes les plus formels. En tête de leurs privilèges il place « le droit de monnaie dans la cité de Bâle et dans tout l'évêché , comme leur Église est connue en avoir joui jusqu'ici , depuis le commencement de sa fondation, grâce à la munificence des rois et des empereurs *. > Eugène III aurait-il pu tenir ce langage , en appeler à une tradition immémoriale , à la libéralité des empereurs et des rois, si cette libéralité avait dû se manifester, pour la première fois , trois ans plus tard ? '.

Nous n'hésiterons pas enfin à rapprocher du droit de battre monnaie les concessions de mines d'argent , que l'évêché de Bàle obtint de Conrad II en 1028, et qui furent confirmées par Henri IV,enl073,etpar LothaireII,en 1131 ^Sansaucun doute la possession de mines d'argent est toujours d'une incontestable valeur. Mais elle est surtout précieuse pour un Etat investi des droits de monnayage. Les empereurs du xi« siècle eussent-ils facilement renoncé à ces mines placées dans le voisinage de Bâle, si à cette époque le monnayage de cette

1. Trouillat, t. i, p. 296. Jus monete in civitate Basilea et in toto episcopatu, sicut ipsa Ecclesia ab initio sue fundationis , donatione regum ac ônperatorum, hactenus obtinuisse dinoscitur.

2. Cinq ans auparavant (1141), un Hugo monetarius figure parmi les ministériels de l'évêque de Bâle. iHergott, Genealogia dipiomatica, t. ii, p. 167}. On ne s'expliquerait guère ce fait , si la monnaie de Bâle ne s'était trouvée à cette époque entre les mains du prélat.

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