‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 64 sur 391 · Trouillat, t. i, p. 161, 188 et · texte numérisé non relu

Trouillat, t. i, p. 161, 188 et

84 CH. II. — s. II. — ATELIERS DE LA HAUTE ALSACE.

ville leur avait encore appartenu? Ne peut-on pas croire aussi que les ressources qu'ils y rencontraient pour l'alimentation de leur atelier monétaire , étaient pour beaucoup dansjrempressement que mirent les évêques de Bàle à se faire accorder et confirmer la concession de ces mines ?

Ces arguments de convenance sont plus que justifiés par des découvertes modernes. Déjà Thomson signala , dans le recueil numismatique de Grote \ une monnaie épiscopale de Bâle antérieure à l'année 1070. M. Morel-fatio , appuyé sur des trouvailles plus récentes, a pu aller plus loin *, et faire remonter le monnayage de nos évêques jusqu'à Adalbèron, qui occupa le siège de Bàle au commencement du xi' siècle ^.

Quant à nous, fondé sur le témoignage du pape Eugène III, sur l'absence de documents contraires, et sur les analogies historiques que Trouillat signale daas l'introduction de son deuxième volume , nous pensons, avec ce judicieux écrivain, que l'Évèché de Bâle jouit du droit de battre monnaie depuis les premiers temps de son existence. Il se sera fait à Bàle ce qui se fesait ailleurs. Les évêques auront d'abord monnayé avec l'effigie des empereurs , plus tard ils y auront joint leur nom, enfin,, à une époque plus récente, leur empreinte a fini par rester seule sur leurs monnaies.

En tout cas , une critique sérieuse n'osera plus donner aujourd'hui à la charte de 1149 la portée que lui attribuait Wursteisen. Son langage, si clair par lui-même, trouve son commentaire naturel dans un document qui ne lui est postérieur que de peu d'années *. C'est une charte accordée par Frédéric I, à la demande du même évoque Ortlieb. Elle mérite d'être citée.

Après avoir établi dans un préambule assez long, que son devoir ne lui permet, ni de repousser les mesures avantageuses au bien général , ni de rejeter les prières légitimes des personnes dévouées à sa cause. Frédéric I continue en ces termes : « Au sujet de l'altération de la monnaie bàloise, qui est tombée

Page 1