‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 65 sur 391 · DROITS DE L*ÉVÊCHÉ DE BALE · texte numérisé non relu

DROITS DE L*ÉVÊCHÉ DE BALE

par suite de sa légèreté et de son alliage impur, nous agréons les justes instances de notre cher Ortlieb, évêque de Bâle, des princes , du clergé et du peuple. Conformément à leur demande , ces monnaies relevées dans leur titre et leur poids resteront désormais immuables. Nous statuons que ni le susdit évêque , ni aucun de ses successeurs, ne pourra les altérer, et que personne, dans le diocèse, en dehors de la cité épiscopale , ne se permettra d'en imiter l'effigie. S'il se rencontre quelqu'un assez osé pour le feire , personne , sans exception, ne devra garder le coupable auprès de lui ; mais on le livrera à l'évèque, lésé dans ses droits, qui le fera juger par son tribunal supérieur. > Les offices divins devaient cesser dans tout village, château ou ville, qui accorderait un refuge au coupable ; celui-ci était mis au ban de l'Empire et devait une amende de cent livres d'or, payables, moitié à l'Évèché et moitié à la Chambre impériale ^

Cette charte nous semble éclairer la situation. Lorsqu'il obtint celle de 1149, Ortlieb revenait de la Palestine, où il avait accompagné l'Empereur'^. C'est pendant son absence qu'aura été émise la mauvaise monnaie dont se plaint notre document. Cette altération monétaire a pu être en partie le ait des monnayeurs épiscopaux, affranchis en ce moment de sa surveillance. Mais elle était surtout l'œuvre d'ateliers clandestins ou seigneuriaux , qui couvraient de l'effigie épiscopale les produits de leur fabrication. A. son retour Ortlieb, qui avait d'ailleurs à faire sanctionner par l'Empereur différentes augnaentationsde territoire qu'avait obtenues son Évêché, sollicita en même temps de lui la défense, sous des peines spécialement sévères (le ban impérial et l'amende de cent livres d'or) , de reproduire ainsi l'effigie épiscopale. Mais cet acte n'eut sans doute pas tout l'effet qu'on s'en promettait. Alors Ortlieb revint à la charge auprès de Frédéric I. Les peines édictées par Conrad III furent renouvelées et aggravées. On menaça de l'excommunication toute localité qui favoriserait la contrefaçon des monnaies épiscopales.

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