V. au Chapitre VII, la preuve de ce fait
2. Wir Lud, von gotes genaden Rômischer Kaiser, ;fe allen s[iten merer des Riches, enbieten den wisen Luten,. den meistern.., dem Rat und den Burgem gemeinlichen fe Stra^burg unsern liben getruwen , unser kuld und ailes guot, Wir wellen und hei:{ien iuch ernstlichen da3[ ir den wisen Luten,. dem Meister,. dem Rat und den Burgern gemeinlichen jje Colmaren unsern liben getruwen, yon unser wegen vor saind, und niçht gestattend dai si der Byschof von Basel benôt, da^ si sin mûnt;( nemen^ und dar umb Kaujfèn oder verchaujfen, wan er von recht dhein mûnt{ slahen mag noch sol^ er enpfach si vor von uns und dem Riche, auch hei:(^en wir iuch da^ ir ôt vor saind , da^ si anderhalb ninder jfe recht standen, dann vor unserm Schulthei^^en in unserer und des Riches stat ^e Colmaren, wen ir in dos gehunden saind von des Lantfrides wegen dar inn si mit ew sind. Gebên (c Nûrnberg an Suntag nach Andrée^ in dem dry und :j[wan:(igsten iar unsers Riches^ in dem Quinten des Kaisertums,
88 CH. II. — s. II. — ATELIERS DE LA HAUTE ALSACE.
pas se lancer dans une aventure scabreuse, par la seule raison qu'un évêque monnayait , avant d'avoir reçu l'investiture de ses droits régaliens. Non, ce qui les blesse , ce dont ils se plaignent, ce doit être une modification subite du denier bâlois , modification qui troublait leurs relations économiques.
La conduite des Ck)lmariens en 1336, nous semble un essai de ce qu'ils firent , dans de plus vastes proportions, en 1342. A cette époque les jseigneurs de Ribeaupierre , les villes de Colmar, Mulhouse, Munster, Tûrckheim, Kaisersberg , Riquewihr et Bergheim , forment une ligue pour repousser ensemble une nouvelle monnaie , que l'évêque de Bâle les avait sommés de recevoir. Elle avait subi brusquement une hausse si considérable, que la valeur intrinsèque du nouveau denier était deux fois et demi plus grande que celle du denier antérieur. Nos ligueurs s'engagent à rejeter d'un commun accord une innovation si funeste et si intolérable, à affronter solidairement les conséquences pécuniaires ou autres de leur révolte. Des peines sévères étaient formulées d'avance contre celui d'entre eux qui entrerait isolément en négociation avec la partie adverse*.
La charte que nous venons d'analyser, est le seul document connu qui concerne cette protestation. Nous ne savons donc rien, ni sur les discussions qu'elle provoqua , ni sur la manière dont se fit plus tard la paix. Mais il est permis de croire qu'elle ne fut pas étrangère à un nouveau changement qui intervint dans la monnaie bâloise en 1344. Le denier fut réduit d'un cinquième , il était ainsi le double de celui que les États de la Haute- Alsace avait pris sous leur protection , les deux espèces se trouvaient par là ramenées à un rapport direct.
Il est probable aussi que ce fut pour empêcher le retour de pareilles résistances, que l'évêque Jean Senn, lors du passage de Charles IV à Bâle, se fit confirmer par ce prince les chartes de Conrad III et de Frédéric I (20 décembre 1347) «. Charles IV renouvela donc l'interdiction d'imiter l'effigie de la monnaie bâloise, ainsi que les peines précédemment portées contre les violateurs de cette défense.