‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 7 sur 391 · HERMANN. — MONE. XI · texte numérisé non relu

HERMANN. — MONE. XI

toute vraisemblance, que les monnaies de Strasbourg furent toujours le quadruple des monnaies correspondantes de France? Et cette supposition fût-elle exacte, que nous apprendrait-elle, lorsque nous ignorons la valeur de la livre française ?

Ailleurs (pa?e 74, tome II), après avoir donné le poids et Feffigîe des espèces fabriquées en Alsace de 1682 à 1716, il conclut en ces termes : « Le titre et le poids de toutes ces I monnaies font voir qu'elles sont frappées sur le pied monéi taire de ce temps , c*est-à-dire à vingt-huit livres tournois «le marc, f Or Hermann a oublié de nous indiquer le titre de ces monnaies ; le lecteur qui ne connaît que leur poids, ne peut donc rien voir. S'il avait possédé ce renseignement, il aurait vu au contraire , qu'elles ne sont pas frappées sur le pied de vingt-huit livres au marc, mais sur un pied différent, particulier à l'Alsace. Bien plus , il aurait remarqué qu'elles sont basées sur des pieds très-distincts les uns des autres, et que pendant cette période, si critique pour la monnaie française, il n'y eut en Alsace, comme dans le reste de la France, aucun pied qui pût s'appeler le pied de ce temps.

Ainsi, dès que nous laissions de côté la numismatique proprement dite, nous ne trouvions en Alsace aucun précurseur. Tout le secours que nous pouvions attendre, soit de l'histoire générale de la province , soit de quelques monographies particulières , se réduisait à un petit nombre de pages sur les ateliers monétaires et sur la corporation des monnayeurs.

L'Allemagne nous présentait des ressources plus abon- mone.

dantes, Mone, le regretté directeur des archives de Carls-

ruhe, qui a jeté tant de lumières sur les relations sociales et

• économiques de nos ancêtres, s'est beaucoup préoccupé de la

valeur des monnaies. Dans les vingt volumes de sa Zeitschrift *

t. Carlsruhe, 1850 et années suivantes.

XII INTRODUCTION

il y revient sans cesse , soit pour rectifier ses données antérieures, soit pour les compléter par des renseignements nouveaux. Il a visité dans ce but tous nos dépôts historiques ; des milliers de chartes ont été dépouillées par lui. Bien que ses recherches embrassent TAllemagne entière et s'étendent même parfois aux autres États de l'Europe, aucun pays n'est mieux représenté, que l'Alsace , dans cette vaste collection de documents monétaires.

En présence de tant de richesses, nous avons cru un instant y rencontrer la solution complète de notre problème. Il nous a semblé que notre tâche pouvait se borner à remplacer, par des évaluations françaises, les estimations en florins et en kreutzers que Mone avait adoptées. Il suffisait, pensionsnous, de grouper en un tableau chronologique les résultats qu'il a" disséminés dans une douzaine d'articles de sa Revue. Nous commençâmes même cette entreprise , mais il fallut bientôt y renoncer.

Le lecteur ne saurait croire combien il nous est pénible de critiquer un homme, qui nous honorait de quelque bienveillance, dont nous admirons la science , en même temps que nous vénérons son caractère. Que faire cependant ? Si nous ne disons rien de lui , on nous reprochera notre silence. Si nous parlons de ses ouvrages , il faut les apprécier. Or cette appréciation ne peut être qu'une critique. Si son travail nous avait satisfait, eussions- nous consacré plusieurs années de notre vie à le refaire ?

Lorsqu'on lit les articles de Mone , on voit aisément comment ils furent composés. Occupé en même temps de cinquante questions différentes , notre érudit notait les règlements monétaires, les évaluations de change, que les hasards de ses lectures ou de ses recherches mettaient entre ses mains, quel que fût le pays auquel ses données se rapportaient. Ces notes avaient-elles atteint un certain développement , il les

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