‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 71 sur 391 · CONFÉDÉRATION DE LA RAPPENMUNTZ · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION DE LA RAPPENMUNTZ

souvent part à ses travaux. Mais son ingérence dans les conseils de la confédération, n'était qu'une simple tolérance. Les archiducs, au lieu de monnayer eux-mêmes, avaient cédé à cette ville, dès 1387*, l'exploitation de leurs droits. On ne voulait donc pas l'exclure entièrement des conférences monétaires ; mais on ne lui reconnaissait qu'une voix consultative. L'admettre au même titre que les autres , c'eût été doubler riofluence de la maison d'Autriche, et assurer à celle-ci une prépondérance qui pouvait, à l'occasion, devenir un danger.

La confédération s'étendait au territoire des quatre villes et de la landvogtey, « depuis l'Eckenbach sur les deux rives du Rhin jusqu'à Rinfelden. » Les chartes de 1425 et 1470, disent qu'elle va « depuis l'Eckenbach sur les deux rives du Rhin jusqu'au Howenstein , au-dessus de LauflFenberg, aussi loin que peuvent s'étendre l'Alsace, le Sundgau et les dépendances des quatre villes. »

Les États compris dans ces limites, qui jouissaient du droit de monnayage, devaient se régler sur les monnaies de la confédération, sous peine de voir les leurs repoussées partout. Cela ne suffisait même point. Leurs espèces avaient beau être conformes au pied commun, elles n'obtenaient une libre circulation, que s'ils juraient eux-mêmes de s'y conformer toujours.

Si l'un des membres de la confédération venait à s'écarter du pied conventionnel, ses monnaies devaient être immédiatement décriées et mises hors de cours , lui-même était déclaré parjure et sans foi.

Aucun naembre nouveau ne pouvait être admis dans l'association, sans l'assentiment des diverses parties contractantes.

Le texte de la convention, qui est très-étendu, prévoit et règle tout. Il fixe la forme , la taille et le titre des pièces, le salaire des monnayeurs , un minimum de monnayage , les précautions les plus minutieuses pour le contrôle des ateliers. Sa sollicitude s'étend au change , au commerce de l'argent, au faux-monnayage ; elle interdit de trier ou de rogner les espèces ; en un mot , elle ne néglige aucune des questions.

1. Diplôme de Tarchiduc Albert : dos si in unser Statt :^e Tann nu firbass ewiclich unser mûnt^ slahen und niessen mùgent.

92 CH. II. — s. II. — ATELIERS DE LA HAUTE ALSACE.

qui, de près ou de loin , touchaient au grand problème monétaire.

Malgré ce luxe de réglementation, la convention admet que des difficultés imprévues pouvaient surgir. En ce cas , des conférences devaient se réunir à Neubourg, sur le Rhin, pour les résoudre d'un commun accord. C'est aussi à Neubourg, qu'étaient déposées les archives de la confédération.

Le traité de 1403 , conclu pour six ans , ne fut renouvelé qu'en 1423. Dans cet intervalle se présentèrent divers incidents assez graves, qui compromirent, plus d'une fois, l'existence même de l'association. On eut d'abord à repousser les protestations des États voisins , qui se plaignaient de la défaveur jetée sur leurs monnaies. Puis vint la découverte des altérations frauduleuses, que le maître monnayeur de Thann avait fait subir au titre légal de ses deniers. Le coupable fut arrêté , les quatre villes procédèrent à l'examen minutieux de ses produits, et, le crime établi, le livrèrent aux mains du bourreau (1408). Des plaintes analogues s'élevèrent ensuite contre le second atelier des archiducs, qui se trouvait a Todtnau. Mais les archives ne nous ont fourni aucun renseignement sur les suites de ce procès. Ces difficultés intestines , le désordre qui régnait alors dans le monnayage des florins d'or (1406—1408), semblent avoir momentanément fermé les ateliers de la confédération. On continuait toutefois à régler les intérêts monétaires dans des conférences périodiques , et il est probable que, sur plusieurs points , la fabrication des espèces ne tarda pas à être reprise.

En 1425 (24 avril), la hausse de l'argent fin obligea les confédérés à modifier le titre et la taille de leurs monnaies. Mais sauf ce changement imposé par la nécessité, la nouvelle convention ne fait que consacrer les prescriptions antérieurement admises.

On en peut dire autant des traités conclus en 1480 et 1498. Ils ont toujours pour objet la diminution des espèces , motivée par l'augmentation de l'argent et par l'invasion de monnaies étrangères de mauvais aloi. A ce point capital se rattachent quelques détails de moindre importance, que nous aurons l'occasion de noter ailleurs.

Le monnayage de la confédération prit des proportions considérables, lorsque la reprise des mines de Lièvre et l'ou-

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