DÉMÊLÉS AVEC LE POUVOIR IMPÉRIAL
Terture de celles de Giromagny lui assurèrent un approvisionnement annuel de plusieurs milliers de marcs. L'argent était mis en commun, puis réparti entre les confédérés, d'après une base proportionnelle à leur importance.
Il fut même question, en 1498, d'établir un atelier commun, où les mêmes monnayeurs auraient travaillé l'argent des divers États. Mais ce projet n'eut point de suite.
Des tiraillements semblent d'ailleurs s'être rencontrés à cette époque dans le sein de la confédération. On peut du moins l'induire d'une clause nouvelle, qui apparaît dans le traité de 1498. « Si dans un avenir quelconque, y lit-on, l'un des confédérés avait quelque diflSculté à résoudre, il pourrait convoquer les autres à Neubourg , pour un jour déterminé. Tout ce qui sera statué dans cette conférence, par l'unanimité ou par la pluralité des voix, devra être observé.» Soit que cet article ne fasse que consacrer un principe déjà implicitement reçu; soit qu'il substitue, par une innovation, la majorité à l'unanimité des suffrages , son insertion explicite dans le traité prouve que l'accord ou la soumission des parties laissait alors à désirer.
Cette conclusion est confirmée par des dissentiments assez Tifs que les archives nous signalent au commencement du XVI* siècle. On avait fixé, en 1498 et 1507, la quantité d'argent que chaque État pourrait monnayer. La ville de Bâle demandait la suppression de ce maximum, et refusait de s'incliner devant la décision de ses associés. La lutte dura jusqu'en 1513 (13 mars). Il intervint alors une transaction qui supprima, pour douze ans , toute entrave de ce genre. Mais en même temps la conférence maintenait son autorité et son droit. L'avis de la majorité devait être obligatoire pour tous, « avec cette réserve toutefois, que si l'un ou l'autre d'entre nous avait à se plaindre de la décision , ses doléances seraient écoutées avec attention et examinées en toute amitié {freinU lichen bedacht). » La même obligation est mentionnée dans une nouvelle convention, faite en 1533.
La diminution des espèces était, Comme toujours , l'objet Ses principal de ce dernier traité. Mais on y admettait une inno- i>émêles vation qui provoqua des conflits assez graves. C'était l'émis- ^quvoi sion de bat^en qui portaient d'un côté, « un aigle avec Tins- impérial. cription : Domine conserva nos in pace ; et de l'autre, les armes
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et le nom de la ville qui les frappait. » Une réserve, introduite sans doute à la demande de Bâle , stipulait que « l'admission de l'aigle sur ces monnaies ne préjudiciera en rien aux franchises et vieilles traditions des confédérés. »
La confédération, qui ne fabriquait primitivement que des rappen et des heller, avait successivement étendu le catalogue de ses espèces. Elle monnayait des vierer et des doppelvierer, des blappert, des schilling groschen^ etc. etc. Aucune observation ne lui avait jamais été adressée à ce propos. Il n'en fut pas de même pour la création des bat\en. A la diète de Ratisbonne (1 février 1535), l'empereur Ferdinand I les proscrivit dans les termes les plus formels , malgré la précaution qu'on avait prise, d'y graver l'aigle impériale.
Une vive émotion s'empara des confédérés, lorsqu'ils apprirent cette défense inattendue. « Nos ancêtres , disent-ils dans une lettre du 20 juillet 1535 , ont frappé des monnaies plus considérables que les bat^eny telles que les orte ou dickplapharten (= un quart de florin) et les groschen; nous avons donc le droit de faire des bat:[en^ qui ont une moindre valeur.» " Mais leur plaidoyer , quelque spécieux qu'il fût , ne réussit pas à faire cesser l'interdiction.
Cette mesure les atteignait, à la fois, dans ce qu'ils regardaient comme une conséquence de leurs droits régaliens, et dans leurs intérêts matériels. A Francfort et dans les grandes foires de l'Allemagne, on n'admettait guère que les bat\en et les monnaies d'or. Les autres espèces y étaient grevées d'un agio très-onéreux.
Aussi les voit-on renouveler leurs réclamations auprès des empereurs en 1537, en 1538, en 1539. Ils prétendent ne rien comprendre à l'opposition que leur fait le pouvoir central. Leurs bat\en ont été monnayés avec la loyauté la plus parfaite. Ils offrent de se conformer à toutes les prescriptions qu'on voudra leur imposer. Le député de Colmar, Boner, fut même chargé, en 1541 , de déposer, à l'exemple de Haguenau , une protestation solennelle, dans le cas où l'empereur ne consentirait pas , soit à permettre la fabrication des bat^en, soit à publier une ordonnance générale, qui rendrait obligatoirc le cours du rappen, à raison de 25 /^. stebler au florin.
La confédération obtint enfin une partie de ce qu'elle demandait , au commencement de l'année 1542. Dans un édit