T)'OK
96 CH. II. — s. II. — ATELIERS DE LA HAUTE ALSACE.
Les florins de Bàle devaient porter, d'un côté, un sceptre avec le globe et la croix , et l'inscription Sigismundus Romanorum Rex, Sur l'autre fece se trouvaient la Vierge , Tenfant Jésus sur les bras, et la légende Moneta basiliensis.
La fabrication de cette monnaie d'or était confiée à un bourgeois de Bâle , nommé Pierre Gatz , qui ne relevait que de l'Empereur et exerçait sur sa famille et ses ouvriers une juridiction spéciale. La ville de Bâle fut chargée de nommer le wardein, qui devait contrôler le travail de Pierre Gatz. Elle veillait en outre à la remise exacte du seigneuriage (un florin et demi par marc d'alliage). Sur ce revenu était prélevée une somme de 80 florins, pour le salaire du wardein et de tous ceux qui avaient quelque droit à une rémunération.
Sigismond ne conserva pas longtemps cette Monnaie entre ses mains. Dés 1431, il l'engageait, ainsi que celles de Francfort et de Nordlingen, à Conrad de Winsperg, directeur de la chambre impériale des finances. Celui-ci laissa Gatz l'exploiter aux conditions précédemment stipulées (1434 4 mars) , et renouvela plus tard le même traité pour dix ans (1" août 1437).
Après la mort de Conrad de Winsperg, ses droits confirmés par l'empereur Albert (4 août 1438) passèrent à ses héritiers, Philippe l'ainé et Philippe le jeune de Winsperg. Les nouveaux engagistes continuèrent à choisir leur Mûnt\meister (1455, 1468 et 1472) pendant plusieurs années. Puis à une date que nous ne saurions préciser ', ils se laissèrent rembourser par la ville de Bâle le prix de leur engagement.
Le magistrat bâlois arriva de la sorte au droit de monnayer l'or. Mais il le monnayait au ^nom de l'empire et à titre précaire. Cette situation ne lui suffisait pas. Il lui fallait une concession directe et définitive.
1. Une chronique ms. de la Bibliothèque de Bâle la fixe à 1459. A l'enj croire, Conrad de Winsperg aurait cédé la Monnaie pour 4000 fl. à Pierre Gatz, qui lui même Taurait laissée pour le même prix à la ville (1443) , et celle-ci Teût gardée parce que le remboursement de celte somme ne se serait pas fait en temps voulu. Mais la ville ne reste maîtresse du terrain qu'après 1459. Nous avons des nominations de monnayeurs faites postérieurement parles Winsperg. Les archives renferment en outre des lettres dans lesquelles ils fixent, en 1469 et 1472, le titre et la taille des florins bâlois. Ces documents prouvent qu'alors ils étaient encore intéressés à la monnaie d'or de Bâle.
BALE MONNAIE DES FLORINS d'or. 97
Il essaya d*abord de Tobtenir du Pape. Le \unftmeister Léonard Grieb se trouvait à Rome, en 1512, lorsqu'on le chargea de cette importante mission. Il devait insister sur les pertes considérables que les négociants subissaient par le change des espèces d'or ; on refusait leurs monnaies et on leur en imposait d'autres d'une valeur moindre. Grieb est prié « de ne rien négliger auprès du Saint Père le Pape , pour que Sa Sainteté daigne , en vertu de sa toute-puissance pontificale, accorder à la ville de Bâle, à perpétuité, le pouvoir et le droit de frapper et monnayer, en son propre nom , toute espèce de monnaie *. >
Ces démarches ne restèrent pas sans résultat. Wursteisen nous apprend, dans sa Chronique, qu'en 1513 Bâle obtint du pape le droit de monnayer des florins d'or. Peu de temps après , en 1516 , Maximilien I lui confirmait le même privilège, à condition toutefois qu'on se conformerait au pied adopté par les électeurs du Rhin.
Le type du florin bàlois fut modifié à cette occasion. D'un côté se trouvait l'image de la Vierge avec l'enfant Jésus dans ses bras et la légende : Sancta Maria ora pro nobis. On mit de l'autre côté les armes de Bâle avec l'inscription : Maximiiianns Romanorum Imperator.
Bâle monnayait ainsi depuis plus de vingt-ans, à son nom personnel, des florins d'or, lorsqu'on lui dénia le droit de fabriquer des batien^ lorsqu'on lui accorda , par une faveur spéciale et pour un temps limité, le privilège de faire des thalers. Tant était considérable le nombre des nuances, que l'œil subtil des jurisconsultes distinguait dans le droit régalien de battre monnaie. Tant il est vrai, que la faculté de monnayer une espèce d'or n'impliquait pas même celle de monnayer toutes les espèces d'argent.
La difficulté sinon résolue , du moins tournée, par la concession des thalers , la confédération de la RappenmUnt\ continua en paix ses opérations monétaires. Ses membres entretenaient entre eux les rapports les plus actifs et les plus
t. Ir wellent by unserm heiligen Vater dent Babst, aile muglichen flis:^ ^um getruwlichisten furkeren, dasj sin Heiligkeit, uss Bebstlicher V'ollkomenheit, wolle gnediglich uns die gnad bewisen und volkomen macht und gewalt geben, \h ewigen \iten und tagen, solich und ailes geld by uns môgen in unser Statt namen mûnt^en und slachen,