‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 75 sur 391 · DE LA CONFÉDÉ- RATION · texte numérisé non relu

DE LA CONFÉDÉ- RATION

suivis. L'objet de leurs conférences était surtout de régler le titre des espèces et Tachât de l'argent des mines.

Les choses durèrent ainsi jusqu'en 1584. A cette époque éclata un orage, dont la menace assombrissait l'horizon depuis plusieurs années.

Nous avons déjà dit que les archiducs d'Autriche avaient cédé à la ville de Thann le droit de monnayer en leur place. Mais cette concession, qui pouvait être une libéralité dans les temps antérieurs, cessa de l'être après le règlement monétaire de 1564. Nous le prouverons ailleurs , la fabrication des espèces , loin d'être une source de profits , était alors devenue une cause certaine de perte. Le magistrat de Thann fit ses calculs, et, la véritable situation des choses une fois constatée, ferma son ofiicine.

La Régence ainsi privée de son atelier resta quelque temps sans monnayer. En 1572, elle recourut aux monnayeurs de Fribourg, que cette ville mit avec empressement à sa| disposition. Enfin en 1584, elle ouvrit une Monnaie à Ensisheim, concentra entre ses mains tous les produits des mines, et rompit avec les autres Confédérés.

Ceux-ci protestèrent avec une rare énergie contre un acte qui brisait, à l'improviste, cette alliance de deux siècles, aussi avantageuse aux intérêts des divers États qu'au bien général du commerce et de l'industrie. Ils reprochaient aux archiducs d'avoir, contrairement à leurs engagements, fondé une Monnaie nouvelle , et accaparé, l'argent qui devait être partagé entre tous.

La Régence passa outre. Au fond l'atelier d'Ensisheim n'était pas une innovation contraire aux traités, puisqu'il ne faisait que remplacer celui de Thann. Le second grief était plus fondé. Depuis plusieurs années toutefois, comme nous le verrons ailleurs, les anciens règlements sur le commerce de l'argent n'étaient plus observés avec rigueur. Si la confédération avait conservé jusque là une part notable dans le produit des mines, c'est à l'intervention des archiducs qu'elle en était redevable.

Quant à la rupture de la confédération, elle ne pouvait avoir, en 1584, aucune conséquence funeste. La surveillance que les cercles exerçaient, depuis 1569, sur les ateliers de leurs ressorts, suffisait pour maintenir une certaine régularité, et les

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