MULHOUSE
qu'une destinée éphémère. La crise cessa le 23 juin 1623, et Tordre se rétablit dans toute la Haute-Alsace. Dès lors la febrication des espèces cessa d'être lucrative. Les fermiers de Mulhouse, frustrés des profits qu'ils avaient espérés, ne purent ni faire leurs frais, ni amortir les dettes qu'ils avaient contractées.
L'atelier et son aménagement avaient coûté , du 23 mars 1622 au 3 août 1623, la somme de 29,828 fl. 53 kreutzer, et du 3 août au 13 septembre 1623, un crédit supplémentaire de 1,137 n. 26 kr., environ 60,000 francs (200,000 francs au pouvoir actuel de l'argent). Le laminage se faisait à l'aide de machines hydrauliques , intallées entre les deux ponts de la Porte-Jeune. Tout était monté sur un si grand pied, que les entrepreneurs ne craignaient pas de dire, que cet atelier n'avait point son pareil en Europe *.
Cette installation grandiose , qui, pendant la prospérité du billonnage oflBciel , eût fait la fortune des monnayeurs , ne servit qu'à précipiter leur ruine. Privés du droit de refondre les monnaies, ils manquèrent de matière première. Réduits à un salaire modeste, à peine rémunératoire pour des ateliers largement occupés , ils ne purent satisfaire, ni aux engage^ ments contractés envers la ville , ni aux exigences de leurs créanciers.
La liquidation, qui dura plusieurs années, commença dès la fin de 1623. Au lieu des bénéfices qu'elle comptait réaliser, la ville y perdit des sommes importantes. L'insuccès de cette tentative guérit pour toujours son sénat , d'ordinaire si prudent, de toute velléité de monnayage.
La ville de Mulhouse se servait des monnaies dites bâloises ou stebler. Au xvni« siècle , les espèces françaises prirent peu à peu le dessus. Mais on désignait ces dernières par les initiales 1. (livre), s. (sol), d. (denier), réservant pour les autres les signes traditionnels de ^. ^. â.
i. 3 décembre 1624. Das ansehenlicht mûnt^werckh desgleichen sie in Europa kheines sein wol wissen.