‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 96 sur 391 · LES ATTAQUE · texte numérisé non relu

LES ATTAQUE

la bourgeoisie plébéienne de nos villes n'ait rien négligé pour détruire des prérogatives si peu d'accord avec ses tendances égalitaires. L'histoire des Husgenossen se confond ainsi avec celle du patriciat, et chacune des victoires de la démocratie eut son contre-K:oup dans le corps de nos monnayeurs.

Un vieux registre nous a conservé, pour près de deux siècles, la liste nominative de tous les Husgenossen strasbourgeois. Il n'existe pas de document plus précieux pour les annales de la noblesse de second ordre ; et Ton doit regretter, que la chronique de Hertzog, si complaisante d'ailleurs pour la petite noblesse, se soit bornée à l'indication des familles, sans y joindre les noms de leurs membres.

Le cadre de notre travail ne nous permet pas de combler cette lacune. Nous devons nous borner à citer quelques chiffres. Le corps des Husgenossen comprenait 359 associés en 1266, 454 en 1283, 361 en 1300, 227 en 1332, 302 en 1347, 275 en 1356, 160 en 1376. En 1387 et 1388, il y eut 35 admissions. En 1437 il n'y avait plus que 40 monnayeurs.

Ces chiffres , dans leur sécheresse , ont une grande éloquence. La seconde moitié du xiii* siècle forme l'apogée desj Husgenossen. C'est alors que dominaient à Strasbourg les patriciens, qui , comme ils le répétaient plus tard à leurs adversaires politiques , avec un mélange d'orgueil et d'amertume, avaient fondé la liberté de la ville, et préparé de leur sang la grandeur de son avenir. Dès le commencement du xiv« siècle , la décadence de la noblesse se fait sentir, même avant la révolution de 1332. Elle s'accéléra après l'année 1349, qui assura aux plébéiens la direction suprême de la commune, en concentrant entre leurs mains la nomination de Vammeister.

Les engagements que les évoques de Strasbourg firent de la Monnaie à leur cité épiscopale , furent aussi funestes aux droits des Husgenossen , qu'à ceux de l'évèché. Le magistrat s'habitua peu à peu à traiter par lui-même les questions monétaires; il finit par se passer du concours des monnayeurs, qui avaient été jusque là les juges suprêmes de la matière.

Les règlements que le magistrat édicta à ce sujet de 1313 a 1362, sont encore arrêtés c de concert avec l'honorable corp^ de nos monnayeurs *. > Mais dès 1319 on y rencontre une

1. Mit unserre erebern husgenossen wille und gehelle und ouch mit irme rate.

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