‹ Études égyptiennesChapitre 16 sur 47 · COMMENCEMENT DES CHANSONS RECREATIVES · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DES CHANSONS RECREATIVES

Ta jolie sœur que ton cœur aime vient dans les vergers, ô frère que j'aime, car mon cœur poursuit ce que tu aimes et tout ce que tu fais, et je te dis : « Vois où j'en suis \ Je suis venue pour préparer

1 Litt. : « Les beautés de ta sœur que tu aimes viennent aux vergers. »

* Litt. : « Vois les faits. » Une forme analogue se retrouve dans un

des Chants du harpiste, ^^ I ï j^ ^^ I e U , où, tout en den-

nant au bas de la page (Etudes égyptiennes, t. I, p. 17g, 5) le sens littéral «Vois, les faits ils sont», j'ai mis dans la traduction la paraphrase inexacte « Qu'a-t-on fait d'eux ? » Il faut rétablir le passage entier comme il suit : « Les dieux qui ont clé auparavant et qui re-

« mon piège de main, ma cage, ma butte , car tous les « oiseaux de Pount , ils s abattent sur l'Egypte , enduits «de parfums : le plus beau qui vient, il saisit mon « ver [d'appeau] , apportant de Pount les senteurs qu'il « exhale , et les pattes pleines de gommes odorantes. « Je désire de toi que nous les prenions ensemble , moi

posent dans leurs tombes, Les momies et aussi les mânes qui reposent dans leurs tombes, quand on construit des demeures, ils n'y ont plus- leur place- : voilà les faits comme ils sont. »

1 On peut se demander s'il n'y a pas un V >A de trop dans

cette phrase , ou bien s'il faut traduire • mon piège de main à la main ».

Pour ^ T 1k ou ^ T j^ y , comparer le copte n AU} %

T., n, <J>xuj t M., ni, laquais, &yp<L

* Le mot est nouveau , pour moi du moins » et je ne le trouve daos aucun des lexiques publiés jusqu'à présent. Le déterminatif indique une localité, et c'est pour cela que j'ai cru y reconnaître une désignation de la butte de terre artificielle derrière laquelle, à défaut de buisson , les chasseurs à l'appeau ont l'habitude de se cacher. Le sens n'est pas bien certain.

3 Le second «=» est fait Q en ligature, ce qui lui donne l'apparence d'un 0. Je comprends : «Mon cœur, mon désir pour toi ( *=*■» epOK) que nous les prenions.*

«seule avec toi, je te ferai entendre les cris plaintifs «de mon bel oiseau parfumé; toi près de moi, avec «moi, je préparerai mon piège, ô mon bel [ami], toi « qui vas vers le champ du bien-aimé ! »

Le cri de l'oie résonne plaintif, [car] elle a pris son ver [d'appât], mais ton amour me chasse [loin

1 Le copte Ncon, M., simul.

» La phrase présente quelques difficultés. J^IS 3 ?^' N^ renferme, je crois, l'auxiliaire I e et le pronom >A qui, augmenté de 8 ■*— * .— i ^* e ^fl»t sert de sujet au verbe*"-': ■ moi , seule avec toi, je fais que tu entendes». Le membre final Jt I I >A ^^ 8 c Ê a— * ^^ * I <r* *)&* étant réuni à ce qui précède par la préposition /■— v, joue le rôle de nom. Il signifie littéralement : c mon oint de parfums excellents », et me parait s'appliquer

à l'oiseau de Pount, dont il a été dit plus baut qu'il était ^" 1

V *-~a \^ * . H n'est pas certain que l'absence de la préposition

V dans le cas présent soit due à une faute du copiste : certains verbes égyptiens se prêtent à des combinaisons transitives ou intransitives, qui leur permettent d'introduire à volonté leur régime directement ou au moyen de prépositions.

d'elle], et je ne sais pas m'en délivrer. J'enlèverai mes rets, et las! je dirai à ma mère, vers qui je vais chaque jour chargée de captifs : «Je ne prépare plus « mon piège ! » car ton amour me tient prisonnière. L'oie s'envole, se pose, elle a salué les greniers de

1 i^ 1 1 ^t est du masculin, [I est du féminin; c'est donc au dernier mot féminin que se rapporte le membre de phrase qui renferme Il , et le dernier mot féminin est ** jl M «S j^ NA • je ne sais pas détruire ton amour •.

1 Deux mots nouveaux : i° I J I * aui est • filet • ,

avec cette curieuse flexion du pluriel en \ I « , que personne n'a remarquée jusqu'à présent; a° Q> 1 1 fa^ i formé de la même manière que * 1 1 *^ft i , JB I I ^» i , t oiseaux tombés , renversés •

(de ^ *•**) ou cprist (de 2* ~ ).

3 Cest l'oie qui a donné son nom au dieu Siv.

4 Le mot sous cette forme n est dans aucun dictionnaire. Il appartient sans doute à la même famille que les mots cités par Brugsch (Dictionnaire hiéroglyphique, p. 1 5 a 5- 1 5 26, i53o), et dont le sens est encore mal déterminé : il semble marquer le cri particulier que

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son cri ; la foule des oiseaux croise sur le fleuve, [mais je ne fais plus attention à eux, je ne songe qu'à] mon amour seul , car mon cœur est lié à ton cœur, et je ne puis m'éloigner de tes perfections.

[Mon frère] sort [de sa maison, il passe sans s'inquiéter] de mon amour, et mon cœur s'arrête en moi. J'ai beau voir les gâteaux et les parfums, j'ai beau apercevoir les sels et les essences, ce qui est

pousse l'oiseau en apercevant ou en sentant un objet. Ici , l'objet est Il II , que son déterminatif nous force à traduire « les

greniers » : foie a senti ou aperçu le grain et pousse un cri.

1 Le mot à mot donne : « Mon cœur est le balancé de ton cœur, » c'est-à-dire : mon cœur est au tien ce qu'un plateau de la balance est à l'autre plateau , l'équilibre du premier dépend de l'équilibre du second. J'ai remplacé l'image égyptienne par une image analogue, qui ne rend pas toute la force du terme. Les mots qui précèdent n'ont pas la prétention de restituer la phrase perdue : je les ai introduits dans la traduction pour montrer comment j'entends le sens du morceau. La femme amoureuse peint dans la première partie du morceau les oiseaux tournant autour de la nourriture qui les attire; j'ai cru qu'elle déclarait dans la seconde qu'elle tourne de même autour de son amour et ne peut plus s'en détacher.

9 Le début de la chanson manque et la restitution proposée n'est qu'un à peu près. Dans ce qui suit, le déterminatif jm^. rend né*

doux à la bouche, c'est maintenant [amer pour moi] comme le fiel d'un oiseau. Ce sont les souilles de ta narine qui seuls donnent la vie à mon cœur, et alors il me semble qu'Ammon m'est donné à toujours et à jamais.

O mon bel ami , mon désir c'est [que je devienne maîtresse de] tes biens en qualité d'épouse , c'est que , ton bras posé sur mon bras, tu te promènes à ton

ccssaire la présence en cet endroit d'un verbe de vision. On a donc les débris de deux membres de phrases parallèles :

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