‹ Études égyptiennesChapitre 17 sur 47 · C... J 1 / jK. Jr\ 1 1 i i ^»; X i • t · texte numérisé non relu

C... J 1 / jK. Jr\ 1 1 i i ^»; X i • t

où deu\ régimes suivent chacun un verbe. La lacune doit donc élre remplie par un verbe assez long, terminé en jm^ : ie ne vois d'autre

mot possible que Q jl V 8 ^. , employé au bas de la mdme

page, 1. îi.

1 LitL : • J'ai trouvé est donné à moi Ammon à toujours et à jamais. > C'est la suite du membre de phrase précédent : l'amant est la vie, et, quand il vient, l'amante pense qu'on lui a donné le bonheur éternel du dieu suprême Ammon.

gré, [car alors] je dirai à mon cœur qui est dans ton sein [mes] supplications 1 [Si] mon grand ami [ne vient pas] durant la nuit, je suis comme qui est au tombeau ! Or toi , n'es-tu pas la santé et la vie , celui qui transmet [les joies] de ta santé à mon cœur qui te cherche ?

La voix de la tourterelle résonne , elle dit : « Voici

1 Litt. : «Le approchant [les joies] de ta santé à mon cœur qui te cherche. •

' Goodwin traduit l'c hirondelle » , et le mot a souvent ce sens , comme le prouvent la vignette du chapitre lxxw du Livre des Morts et la stèle 1 34 du Musée de Turin (Notes sur quelques points de grammaire et d histoire, dans le Recueil, t. II, p. 108). Toutefois, on voit

figurer, dans les tombeaux de l'ancien empire, un oiseau ffï ^*-,

qui rappelle le pigeon plus que l'hirondelle. Au tombeau de Ti, il est associé à l'oie chenalopex et engraissé avec elle. Deux paysans , accroupis devant une table basse, chargée de boulettes oblongues, les fourrent dans le bec des oiseaux : un petit vase, placé sur le sol à côté d'eux , leur fournit l'eau nécessaire pour aider la bête à avaler chaque morceau. L'un tient les oies, l'autre opère sur les tourterelles. Cette manipulation s'appelait d'une manière générale \ # V "^ «a*, «entonner la pâtée aux oiseaux •, \ c^ étant un simple factif de V r=±> , V . Chaque individu a une petite lé-

<( l'aube , las, où est mon chemin? » Toi , tu es l'oiseau , tu m'appelles, j'ai trouvé mon frère dans sa chambre à coucher et mon cœur s'est réjoui plus que leurs [cœurs], et je ne m'éloignerai point, mais la main dans ta main, je me promènerai et je serai avec [toi] en toute place, heureuse puisqu'il fait de moi la première des femmes et qu'il ne brise point mon cœur! Ah! que je mette la tête à la porte du dehors, car voici, mon frère vient à moi. Mes yeux sont fixés sur la route, mon oreille écoute les bruits de pas sur

gende à côté de lui , M | -* J^ M « empaler l'oie » (M pour U fa»0 el P | • Jï ^^ « empâter la tourterelle ». En lâchant l'oiseau , on lui disait : A « Va ! ». Le tableau nous montre les volatiles repus errant à f aventure : cela s'appelait ,— ^ M ^^ ■ B ™ "V* V M ] ^ %Tl

■ promenade des oies et des tourterelles après empalement ».

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la chaussée , car je me suis fait de l'amour de mon frère le bien unique, et mon cœur ne se tait point quand il s'agit de lui. Mais il m'envoie un messager aux pieds rapides à entrer et à sortir pour me dire : « Je ne suis pas libre ! » Dis plutôt que tu as trouvé une autre femme. O toi dont on ne se lasse point de contempler la face , pourquoi briser le cœur d'un autre jusqu'à la mort?

Mon cœur est si heureux de l'amour que tu as pour moi, que la moitié de devant de ma coiffure [tombe,

1 C3Ba , .et A Un V. *°nt deux mots nouveaux.

^Êmm ^tmm W jm iJ 1 1 Jt% \ I

^ A me paraît marquer le choc dû pied contre le sol et le bruit qui en résulte , ^ 1 1 m jk , la chaussée d'une route ,

le sol durci d'un sentier : c'est du moins le sens qui résulte presque nécessairement du contexte de la phrase.

V * Litt : • Je suis pris. •

3 Le mot à mot de cette phrase donne : • Lui on contemple sa

face, pourquoi (\ ^ == A2po<<) le briser le cœur d'un

autre à trépasser ( J ■ ^^ = 9 J ) ?» La forme interrogative à la

quand] je viens en courant pour te chercher, et mon chignon [est défait. Pourtant je te jure] que je pare ma chevelure et que je me tiens prête à toute heure.

Immédiatement après cette dernière strophe commence le Chant du Harpiste dont j ai donné la traduction et les variantes dans une autre partie de ce Recueil 3 . La place qu'il occupe paraît étrange au premier abord, et Ton pourrait s'étonner à bon droit

troisième personne pour la seconde se trouve dans un assez grand nombre d'exemples, dont le plus caractéristique est au Papyrus dOrbiney, pi. XI, 1. 5. L'idée enfermée dans cette lin de la chanson me paraît être analogue à celle qui a inspiré le Lied de Heine : • Ein JùngUng liebt ein Mâdchen ». L'amoureuse , soupçonnant son

amant de poursuivre une autre femme ( , fém.), lui demande

pourquoi il veut briser le cœur de l'autre homme (i I^O*> masc.) qui aime cette femme.

1 ^ =l *^ ^ u* *T* [^M . litt- : « la moitié de tempe de [mes]

tresses » , par opposition à V W" jk 1 1 #jfc ^ \k I I >A

I I w i I « la nuque de ma chevelure » , mon chignon. La restitution de ce passage m'a été suggérée par le Papyrus dOrbiney, pi. III , 1. 2-3.

* ■ Je suis achevée ( ) chaque jour. »

3 Etudes égyptiennes , t. 1, p. 177-185.

de le rencontrer au milieu des chansons d'amour, si nous ne savions, par d autres exemples , que les Egyptiens se plaisaient aux contrastes violents. Hérodote raconte qu'au milieu des dîners d apparat, vers le temps que la gaieté des convives était le plus bruyante , on faisait circuler une petite momie en bois déposée dans son cercueil. L esclave qui la présentait disait à chacun : « Regarde ceci , puis bois et prends «du bon temps, car tu seras tel après la mort 1 .» On sait que cette coutume raffinée passa à Rome , au temps de l'empire, avec d autres usages égyptiens. «Tandis que nous buvions, un esclave apporta un squelette d'argent dont les articulations et les vertèbres pouvaient se mouvoir en tous sens. Il le jeta sur la table une ou deux fois, et cette poupée articulée en prit diverses poses, sur quoi Trimalchion ajouta :

«Hélas, hélas, misérables que nous sommes!

«Comme toute notre pauvre humanité n'est rien!

« Nous serons tous ainsi , après que nous aura en- « levés TOrcus !

« C'est pourquoi vivons bien , tant que nous au- « rons licence d'exister 2 ! »

La momie ou le squelette disparu , la gaieté reparaissait plus vive et plus libre. Il en est de même au Papyrus Harris : le Chant du Harpiste terminé, les chansons d'amour reprennent plus vivantes et plus passionnées que jamais.

1 Hérodote, 1. N, ch. lxxviii.

f Pétrone, Satjricon, c. 35. •

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